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Au Canada, le marché du cannabis attire déjà de nombreux investisseurs

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Au Canada, le marché du cannabis attire déjà de nombreux investisseurs

Au Canada, le cannabis sera en vente légale, encadrée par les provinces, à partir du mois d’août. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a accepté de retarder la mise en œuvre de la légalisation d’un mois. Mais déjà, les investisseurs sont dans les starting-blocks.

Au Canada, à quelques mois de la légalisation de la vente du cannabis, le marché est en pleine effervescence. De riches personnalités, des anciens ministres, une communauté amérindienne investissent dans des sociétés de production. Car si la distribution est confiée aux provinces, la production reste dans les mains du secteur privé.

Il y a des affaires à faire. Selon Statistique Canada, en 2017, les Canadiens ont dépensé 4 milliards d’euros pour acheter de la marijuana, sur le marché noir. Le secteur pourrait tripler d’ici cinq ans selon les plus optimistes. Mais déjà, les critiques pleuvent sur la mise en œuvre de cette légalisation. Les provinces qui réclamaient du temps pour s’organiser ont obtenu gain de cause. Les Canadiens qui misaient sur le mois de juillet pour s’acheter légalement du cannabis devront finalement patienter jusqu’en août voire plus…

Philippe Hurteau, chercheur à l’Institut de recherches et d’informations économiques, organisme indépendant basé à Montréal, analyse le marché du cannabis qui se met en place, au Canada. | Maxime Pilon

Une date scrutée par beaucoup de pays. Car cette légalisation, version canadienne, pourrait avoir des conséquences à l’international, explique Philippe Hurteau, chercheur à l’Institut de recherches et d’informations économiques, organisme indépendant basé à Montréal.

Est-ce que le marché du cannabis est déjà un bon filon ?

Beaucoup de gens veulent l’exploiter, déjà. Processus de consolidation, achats, fusions d’entreprises… on voit que des acteurs veulent consolider leur place au niveau canadien. Aurora Cannabis a acquis CanniMed Therapeutics pour 718 millions d’euros et Aphria, Nuuvera pour 542 millions d’euros. Mais que va-t-il en sortir ? Le marché sera-t-il concurrentiel ou est-ce qu’on fera face à un oligopole, avec un petit nombre de vendeurs pour beaucoup d’acheteurs ? Il y a actuellement des inquiétudes à ce niveau. Il est trop tôt pour se prononcer.

Comment cela-t-il va fonctionner ?

La distribution est confiée aux provinces canadiennes, mais la production reste dans les mains du secteur privé et on voit beaucoup d’intérêt. D’anciens députés, d’anciens ministres du parti libéral du Canada, le parti au pouvoir, sont aujourd’hui très actifs dans ce milieu, soit en tant que co-propriétaires d’entreprises, ou membres de conseil d’administration dans d’autres. On note un lien assez fort entre des gens proches du pouvoir politique et les principaux acteurs de ce secteur. Ces entreprises ont voulu essentiellement s’assurer un certain relais politique pour garantir ou sécuriser leur place dans la chaîne d’approvisionnement du marché du cannabis légal.

Quels problèmes économiques peut-on déjà relever ?

L’argent semble venir de paradis fiscaux. Comment les compagnies actuelles vont-elles chercher du financement ? Une part vient de paradis fiscaux, ce qui ne veut pas dire que c’est de l’argent sale ou que ce n’est pas légitime. Cela soulève des doutes en raison du régime d’opacité qui caractérise ces zones offshores. Cette hypothèse circule : des groupes dans le marché criminel du cannabis blanchiraient leurs fonds en passant par les paradis fiscaux et ré-investiraient dans les compagnies de cannabis. Cela fait partie des zones d’ombre à éclaircir.

Virgil Grant, entrepreneur dans le cannabis, en Californie, où la vente légale est entrée en vigueur dès le 1er janvier. | Reuters

Quelles sont les autres zones d’ombre ?

La collusion potentielle entre des proches du parti libéral (au pouvoir) et les entrepreneurs du cannabis. Ces gens ont le droit de s’impliquer de ce secteur, mais un doute a été créé. Il est notamment survenu lorsque le gouvernement s’est entêté à tenir à la date du premier juillet pour la légalisation, alors que les provinces répétaient qu’elles n’étaient pas prêtes (date finalement retardée d’un mois seulement). Certaines personnes se demandent s’il n’y a pas des pressions de nature commerciale… Il faut que les bénéfices arrivent vite, au regard de nos investissements.

La légalisation canadienne aura-t-elle un impact international ?

C’est la première fois qu’un si vaste pays légalise entièrement la substance. Cela peut donner des exemples sur la manière de légaliser. On a la chance d’avoir une légalisation à plusieurs face au Canada. Certains vont confier la vente au secteur privé, d’autres à des monopoles publics. On va pouvoir comparer quel mode de légalisation est le plus efficace en fonction des objectifs.Cependant, au niveau du commerce international, la légalisation ne changera pas grand-chose car elle demeure interdite selon les traités internationaux. Il sera intéressant de voir si le Canada fera pression pour enlever le cannabis de la liste des substances proscrites, dans quelques années. Pour l’instant, ce n’est pas la démarche des dirigeants…

Source : https://www.ouest-france.fr/monde/canada/au-canada-le-marche-du-cannabis-attire-deja-de-nombreux-investisseurs-5584818

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