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Agriculture : subventions européennes réduites ou supprimées, les éleveurs toujours plus inquiets

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Agriculture : subventions européennes réduites ou supprimées, les éleveurs toujours plus inquiets

Tous les matins, dès 6 heures, c’est le même rituel. La traite des 200 brebis. Le début d’une journée qui se termine en général après 20 heures. Maria Felicitada a toujours été éleveuse et fromagère. Un travail qu’elle pratique avec passion.

Mais depuis quelques jours, c’est un peu plus dur. « Là, on est excédés. C’est-à-dire qu’à un moment donné, vous ne pouvez pas dire aux gens : ‘Vous avez une programmation de cinq ans qui vous donne droit à tant par an. Il faut gérer votre exploitation avec ce montant-là plus le montant que vous produisez.’ Donc vous vous prévoyez les frais d’investissement, les frais d’alimentation, tout ce qui est la vie de l’exploitation et du jour au lendemain, en plein milieu de cette programmation, on vous dit : ‘ Non, c’est fini’ », explique Maria Felicitada.

« S’il vous plaît, ne m’aidez plus »

Dans le collimateur de l’éleveuse : la Commission européenne. Son système de calcul des aides vient d’être modifié. Et dès le 15 avril, les sommes risquent d’être revues à la baisse. Maria Felicitada recevait environ 25 000 euros de subventions par an, soit la moitié de son chiffre d’affaires.

Dorénavant, elle va devoir apprendre à faire sans, et dans l’urgence. Pour elle, ces aides européennes, sont un cadeau empoisonné. « Merci du coup de main, la prochaine fois que personne ne m’aide. S’il vous plait ne m’aidez plus. C’est tout ce que j’ai à dire. Je fais ma journée, il n’y a pas de soucis. Le prochain que je croise et qui me dit : ‘Tous des privilégiés’. Je vous promets que la première chose que j’ai dans la main, je lui tire dans la tête », s’insurge Maria Felicitada.

« Une politique agricole, c’est quoi ? »

Désormais, certains terrains, fréquents sur les exploitations corses, ne seront plus éligibles aux aides. Un coup dur, mais aussi peut-être un mal pour un bien. L’occasion pour la profession de se poser les bonnes questions.

« C’est un devoir de faire perdurer ces systèmes pastoraux, de les définir, de les accompagner par une politique agricole. Une politique agricole, c’est quoi ? Ce n’est pas simplement répondre à un carnet avec un catalogue de mesures qu’on va demander à l’Odarc ou à d’autres organismes. C’est comment on passe du maquis pur à une utilisation raisonnée et raisonnable et recevable d’un point de vue administratif », estime Philippe Meynier, président de l’organisme de sélection de la brebis corse.

S’adapter aux réalités de la bureaucratie sans renoncer aux spécificités locales, pour survivre. C’est le défi que doit relever aujourd’hui l’élevage corse.

Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/corse/agriculture-subventions-europeennes-reduites-supprimees-eleveurs-toujours-plus-inquiets-1440147.html

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