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Les Républicains disent « chiche! » à Macron

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Les Républicains disent « chiche! » à Macron

D’un côté, la volonté de faire aboutir une réforme voulue de longue date, doublée de l’appât du coup d’éclat politique. “Ce sera le seul texte présenté par Emmanuel Macron, le seul, j’insiste sur ce point”, a assuré Christophe Castaner devant les députés. De l’autre, le désir d’infliger au président de la République un camouflet électoral.

“On n’a qu’à proposer le référendum. Il faut montrer que nous n’en avons pas peur”, pavoise le député Les Républicains de Paris Claude Goasguen dans L’Opinion.

À mesure qu’elle se profile, et alors  la révision constitutionnelle voulue par l’exécutif devient l’enjeu d’une partie de poker menteur entre le chef de l’Etat et la droite. Dans les deux camps, la tentation de jouer tapis en misant sur un référendum est de plus en forte.

“J’irai jusqu’au bout, prévenait Emmanuel Macron en janvier. Cette réforme, je l’ai annoncée pendant la campagne et je compte bien la mener à terme, au nom de la parole tenue et du nécessaire renouvellement permanent de la vie politique.”

Acrobaties juridiques

Suivre le jeu n’a rien d’évident: devant l’opposition du Sénat de droite, dont l’assentiment est nécessaire pour réviser la Constitution dans la procédure établie par l’article 89 de la loi fondamentale, Emmanuel Macron est obligé de trouver une stratégie de contournement de la chambre haute pour faire adopter le texte tel qu’il le souhaite.

L’option pour l’heure privilégiée par Emmanuel Macron serait de “saucissonner” la réforme, certaines de ses mesures ne nécessitant pas de réviser la Constitution, en utilisant le référendum sur “l’organisation des pouvoirs publics” prévu par l’article 11 du texte de 1958 pour soumettre au référendum les dispositions sur lesquelles le Sénat et son président Gérard Larcher sont vent debout. 

C’est ce qu’expliquait la garde des Sceaux Nicole Belloubet au début de l’année sur RTL

“Dans les champs ouverts par cette révision constitutionnelle, il y a des points qui ne nécessitent pas de passer par la Constitution: quand on diminue le nombre de parlementaires, on n’est pas obligé de réviser la Constitution. De la même manière, on n’est pas obligé de réviser la Constitution pour changer le mode de scrutin (en introduisant une dose de proportionnelle à l’Assemblée, NDLR.).”

À ces deux mesures s’ajoute le non-cumul dans le temps des mandats, également du domaine de la loi organique, que Les Républicains considèrent comme une atteinte à la liberté de vote. Le Sénat pourrait répondre à ce contournement par un blocage – purement tactique – sur les articles moins controversées relevant d’une révision constitutionnelle à laquelle il doit donner son aval.

Changement stratégique

Alors que Les Républicains, dans les pas du président du Sénat, semblaient jusqu’ici désireux d’éviter que l’exécutif ne recourt au référendum – “On doit entrer dans la négociation sinon on a l’article 11 au-dessus de nos têtes”, plaidait le député Damien Abad dans Libération -, le ton change chez certains. Dans L’Opinion, le député Julien Aubert joue ainsi les va-t-en-guerre:

“Il faut dire à Emmanuel Macron: ‘Si tu veux un référendum, chiche!’, a expliqué le député du Vaucluse. Soit on perd et on a le même résultat que si on était passé par une procédure parlementaire, c’est-à-dire une réforme dont on ne voulait pas. Soit on gagne et on aura tué Emmanuel Macron.”

“S’ils ne bougent pas, c’est terminé. Ce sera le référendum ou rien, et s’il y a référendum, ils le perdront”, renchérit dans Les Échos le sénateur Roger Karoutchi. D’autant que Laurent Wauquiez, jusque-là discret sur ce dossier, pourrait sortir de sa réserve et mener en première ligne une campagne pour un “non” au référendum, axée sur la défense des élus “des territoires”.

Dans la majorité, de nombreux députés La République en marche sont au contraire convaincus qu’Emmanuel Macron pourrait gagner ce pari, très risqué tant les référendums peuvent facilement tourner au vote sanction.

“Si ça bloque avec Larcher, il faut y aller. La mesure la plus populaire, c’est la suppression d’un tiers des parlementaires. Si on allait au référendum, on aurait un oui. Là-dessus, il ne faut pas avoir peur”, s’enthousiasmait le député Aurélien Taché dans le JDD

“Les diplomates ne sont utiles que par beau temps”, disait le général de Gaulle. À qui le référendum de 1969 fut fatal. 



Source : http://www.bfmtv.com/politique/referendum-sur-la-constitution-les-republicains-disent-chiche-a-macron-1395333.html

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