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Slovaquie. Après le meurtre du journaliste Jan Kuciak, le Premier ministre démissionne

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Slovaquie. Après le meurtre du journaliste Jan Kuciak, le Premier ministre démissionne

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a présenté, ce mercredi 14 mars, sa démission, réclamée par l’opposition après l’assassinat du journaliste d’investigation Jan Kuciak. Mais il l’a assortie de conditions pour éviter des élections anticipées et sauver sa coalition hétéroclite formée en 2016.

L’affaire du meurtre du journaliste d’investigation slovaque Jan Kuciak, fin février, continue de secouer le pouvoir en place dans ce pays d’Europe centrale. Ce mercredi, le Premier ministre en personne, Robert Fico, a présenté sa démission. « Aujourd’hui, j’ai offert ma démission au président de la République » Andrej Kiska, a déclaré le dirigeant social-démocrate, au pouvoir depuis 2012. « Si le président l’accepte, je suis prêt à démissionner demain »Et, d’après les observateurs, il devrait l’accepter.

Avant de mourir, Jan Kuciak enquêtait sur la corruption et sur des liens présumés entre des hommes politiques slovaques et des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise. Soumis depuis plusieurs semaines à la pression de l’opposition et de manifestations de rue, suscitée par cet assassinat, Robert Fico avait déjà accepté de se séparer de son ministre de l’Intérieur Robert Kalinak, qui a dû démissionner lundi.

« Le président a exigé lui-même un remaniement »

Il était également pressé d’accepter des élections anticipées par le plus petit parti de sa coalition, Most-Hid (centre-droit, proche de la minorité hongroise). Cette formation avait menacé de quitter la coalition si ses partenaires n’acceptaient pas de renvoyer les Slovaques aux urnes pour mettre fin à la crise. Mais son chef Bela Bugar a déclaré mercredi soir qu’il « appréciait la décision du Premier ministre » et « espérait que la situation se calmera ».

Robert Fico a toutefois posé trois conditions à sa démission : le président Kiska devra respecter le résultat des élections législatives de 2016, respecter et garantir l’accord de coalition qui a permis la mise en place du gouvernement actuel, et accepter que son parti à tendance social-démocrate Smer-SD propose son candidat à la tête du futur gouvernement. Selon lui, le pays risquerait « de plonger dans le chaos, si les hommes de l’opposition actuelle prenaient le pouvoir ».

Le journal Sme a avancé le nom de Peter Pellegrini, 42 ans, vice-Premier ministre chargé des investissements dans le gouvernement actuel, pour lui succéder. « Le président Kiska a exigé lui-même un remaniement en profondeur du gouvernement », a observé Jan Baranek, du groupe de réflexion Polis Slovakia. « Un nouveau Premier ministre devrait calmer jusqu’à un certain point la situation, tendue après que des dizaines de milliers de manifestants ont demandé la démission de MM. Fico et Kalinak », a-t-il ajouté.

62 % des Slovaques pour la démission de Robert Fico

Un analyste de l’Institut des Affaires publiques de Bratislava, Grigorij Meseznikov est du même avis : le président Kiska ne peut qu’accepter la démission de Robert Fico. « Il ne devrait pas forcer quelqu’un à rester Premier ministre. D’un autre côté, il devra tenir compte de la crédibilité en chute du gouvernement actuel. Il lui appartient de juger si la coalition actuelle est en mesure de continuer à faire fonctionner un gouvernement », a observé Grigorij Meseznikov, pour qui « des élections anticipées seraient une meilleure solution ».

Selon un récent sondage réalisé par l’institut Focus, 62 % des Slovaques se prononcent pour la démission de Fico, contre 13 % qui estiment qu’il devrait garder son poste. Vendredi, plusieurs dizaines de milliers de Slovaques ont manifesté dans tout le pays pour protester contre la corruption et réclamer la démission du Premier ministre.

À Bratislava, 40 000 personnes se sont rassemblées, selon le quotidien SME, ce qui constituerait le plus grand rassemblement populaire dans ce pays depuis la Révolution de velours qui a scellé la chute du communisme en Tchécoslovaquie en 1989.

Source : https://www.ouest-france.fr/europe/slovaquie/slovaquie-apres-le-meurtre-du-journaliste-jan-kuciak-le-premier-ministre-demissionne-5621503

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