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Occitanie

Santé. Ils créent une application pour traquer la légionelle

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Au Lion-d’Angers, le laboratoire Microsept a mis au point, via sa start-up, une application qui va révolutionner les contrôles des réseaux d’eau chaude, obligatoires dans tous les établissements de santé et ceux recevant du public. Une réelle avancée dans la lutte contre la légionellose.

C’est une application toute simple à première vue, mais qui pourrait bien constituer une réelle avancée dans la lutte contre la légionelle. Cette bactérie que l’on trouve dans l’eau est responsable d’une centaine de morts par an. Dans 11 % des cas, le patient décède de la légionellose.

50° C minimum

La contamination se produit le plus souvent sous la douche, après inhalation de gouttelettes d’eau. La légionelle attaque les poumons et se manifeste par des symptômes ressemblant à ceux d’une grosse grippe. Depuis 2010, la loi a rendu des contrôles obligatoires. Tous les mois, dans les établissements recevant du public (salles de sport, piscines, hôtels…), et chaque jour, dans les établissements de santé et de soins (hôpitaux), des techniciens effectuent des relevés de température sur trois points du réseau sanitaire. Car le nerf de la guerre, c’est la température de l’eau. La bactérie n’est dangereuse qu’en nombre. Or, elle se multiplie à foison dans une eau comprise entre 20 et 45 °C. Au-dessus, le risque est contenu.

Des contrôles en continu

Les données sont ensuite compilées dans un carnet sanitaire. Enfin, en principe… « On s’est aperçu que certains carnets n’étaient pas remplis, ou bien l’étaient sur des feuilles volantes qui disparaissaient », explique Jérôme Nail, directeur Pôle laboratoires et services chez Microsept, au Lion-d’Angers. Il y a deux ans, le laboratoire d’analyses microbiologiques a alors eu une idée géniale et inédite : créer un carnet sanitaire numérique, via une application développée par sa start-up Atelier Microsept, qui regrouperait toutes les informations.

Une alerte

Adaptée aux tablettes et smartphones, l’application est connectée à des sondes autonomes de température, placées en permanence aux trois points de contrôle obligatoires. Il n’y a plus qu’à laisser faire. Si la température baisse jusqu’à atteindre le seuil critique, le technicien est averti par un SMS ou un mail, et peut intervenir sur le champ.

Grâce aux contrôles en continu et à un suivi en temps réel, le risque de prolifération de la bactérie est, de fait, considérablement réduit. Jérôme Nail évoque aussi un gain de temps substantiel. « Parmi nos clients, nous avons une communauté de communes qui doit faire, chaque mois, 80 analyses. Le technicien met trois jours. »

Pour les compteurs d’eau aussi

Le carnet sanitaire numérique, baptisé Net.réseau, est commercialisé depuis début février. Il est pour l’instant en test dans la commune du Lion-d’Angers, où douze sondes ont été installées. « Nous sommes en discussion avec d’autres collectivités et des groupements de maisons de retraite. Ils sont très réceptifs », souligne Vincent David, directeur d’Atelier Microsept.

D’autant que des pistes d’amélioration sont déjà à l’étude, comme la possibilité de faire des relevés de compteurs d’eau en continu afin de détecter le plus rapidement possible les fuites.

Une vingtaine d’embauches à terme

Pour l’instant, la start-up n’emploie que deux personnes. Mais face aux perspectives de développement de son application sur tout le territoire national, elle prévoit à terme l’embauche d’une vingtaine de personnes, ce qui porterait à une soixantaine le nombre de salariés de Microsept. Le laboratoire, qui génère 2,6 millions d’euros de chiffre d’affaires – en hausse de 9 % par rapport à l’année dernière – n’aura alors d’autre choix que de s’agrandir.

Source : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/sante-ils-creent-une-application-pour-traquer-la-legionelle-5698362



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