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Syrie : « Les bombardements ne feront qu’aggraver la situation ainsi que les risques d’escalade »

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Syrie : « Les bombardements ne feront qu’aggraver la situation ainsi que les risques d’escalade »

L’ancien ministre Pierre Lellouche estime, dans une tribune au « Monde », que les frappes en Syrie dissimulent mal une absence de stratégie des Occidentaux.

Le Monde
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« Vu de Moscou, ce nouvel emploi de la force occidentale, sans mandat de l’ONU, vient, après le Kosovo ou la Libye, conforter la croyance que l’Occident et l’OTAN ne cherchent qu’à humilier la Russie » (Site de Shinsar, en Syrie, aavant et après le bombardement des forces américaines, françaises et britanniques, le 14 avril).

Tribune. Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May ont donc voulu punir Bachar Al-Assad pour avoir utilisé des barils de chlore contre son peuple. Soit. Et après ? La question première lorsqu’on décide de l’emploi de la force est de savoir :

– A quoi ça sert.

– Comment on contrôlera ou pas les degrés suivants de l’escalade face à un ou plusieurs adversaires qui ne resteront pas inertes.

– Et comment on en sort (quel règlement politique)…

L’ensemble s’appelle une stratégie.

Dans l’affaire syrienne, le moins que l’on puisse dire est que l’on peine à discerner le début du commencement d’une stratégie des Occidentaux en Syrie.

Erreurs et hésitations

Depuis le début du conflit syrien il y a sept ans, Américains et Européens ont accumulé erreurs et hésitations, espérant d’abord que Bachar Al-Assad allait tomber tout seul, comme le président Ben Ali, en Tunisie, ou Hosni Moubarak, en Egypte, soutenant ensuite les milices sunnites anti-régime, théoriquement « démocratiques », en armes et en argent, avant que la plupart d’entre elles ne se muent en une myriade de groupes armés islamistes, pour se résigner en bout de course à sous-traiter, faute de mieux, la lutte contre Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] aux seuls combattants kurdes, ceux-là mêmes que nous abandonnons aux Turcs à présent à Afrin…

A part détourner l’attention des opinions publiques sur les problèmes de politique intérieure respectifs de MM. Trump et Macron, ou redorer l’image très abîmée de Mme May, à quoi ces bombardements peuvent-ils bien servir ?

En fait, cette spirale sans fin d’hésitations et d’erreurs n’aura abouti qu’à laisser les Russes, les Iraniens et les Turcs contrôler seuls le terrain. A tel point que les Occidentaux, pour la première fois dans l’histoire moderne du Proche-Orient, sont tout bonnement exclus des processus diplomatiques, dominés par Moscou, Ankara et Téhéran. Quant…

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/16/syrie-les-bombardements-ne-feront-qu-aggraver-la-situation-ainsi-que-les-risques-d-escalade_5286096_3232.html



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