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Macron peut-il refaire le coup en Europe?

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Macron peut-il refaire le coup en Europe?

Emmanuel Macron réussira-t-il à rebattre les cartes en Europe comme il l’a fait en France? A un an des élections européennes, le président accélère. Il se rend ce mardi au Parlement européen à Strasbourg et s’exprimera pour la première fois devant les députés européens. Il lancera également les consultations citoyennes, visant à mieux comprendre les aspirations des Européens, avant de se rendre à Berlin pour évoquer les grands chantiers européens avec Angela Merkel.

Pour le chef de l’Etat, l’enjeu est de taille: avec son discours de la Sorbonne en septembre dernier, Emmanuel Macron a appelé à de grandes réformes au sein de l’Union européenne. Les élections européennes sont aussi les premières depuis son élection à la présidentielle. Il s’agira donc d’un premier test, dans un contexte difficile: traditionnellement, les européennes intéressent peu et comptent une abstention record. Ses proches n’ont d’ailleurs de cesse de brandir la menace représentée par la montée de l’euroscepticisme, comme pour poser le président en dernier recours.

Surtout, c’est sur la méthode qu’Emmanuel Macron sera observé de près. En France, il a surpris en s’affranchissant des partis traditionnels, et en créant son propre mouvement pour le propulser à l’Elysée. Fera-t-il de même à l’échelon européen? A Bruxelles et Strasbourg, Emmanuel Macron et LaREM n’appartiennent à aucune famille politique: ni au groupe conservateur du PPE (Parti populaire européen, auquel LR est adhérent) ni aux sociaux-démocrates du PSE (Parti socialiste européen), ni au groupe libéral ALDE.

Les macroniens veulent du neuf

Faut-il alors rejoindre une famille politique ou en créer une nouvelle, à l’image d’En Marche? L’hypothèse selon laquelle Emmanuel Macron pourrait rejoindre l’ALDE n’est pas à exclure, d’autant que certains chefs d’Etat proches du groupe centriste, comme les premiers ministres belge et luxembourgeois, ont déjà affiché leur sympathie pour sa vision européenne.

Mais les proches d’Emmanuel Macron ne s’en cachent pas: les partis traditionnels, très peu pour eux. “On estime qu’ils ne sont pas satisfaisants, ils sont traversés par des pensées contraires et ne portent plus d’ambition pour l’Europe”, confirme Pieyre-Alexandre Anglade, député LaREM des Français de l’étranger, chargé de préparer les élections européennes pour La République en marche. “Pour nous, le mandat qui sera entamé en 2019 doit être celui de la refondation de l’Europe: et on ne peut pas le faire avec des habitudes qui correspondent aux défis d’autrefois. On veut donc rassembler les progressistes dans une nouvelle structure”.

La République en Marche pourrait donc avoir une déclinaison européenne. Mais le parcours vers la création d’un nouveau groupe n’est pas sans embûche: pour pouvoir exister dans l’hémicycle, un groupe politique doit rassembler un minimum de 25 eurodéputés issus de sept Etats membres différents. Les tractations sont en cours, le discours officiel prudent.

“Le hold-up français ne peut pas être réalisé à Bruxelles”

Dans les deux principaux groupes politiques européens, au PPE et au PSE, on observe les négociations avec scepticisme: “Je vois mal comment le hold-up français peut-être réalisé à Bruxelles, les systèmes sont très différents”, juge Philippe Juvin, eurodéputé LR. Gilles Pargneaux, eurodéputé PS sympathisant d’Emmanuel Macron, estime lui aussi l’idée d’une recomposition politique “difficile”, notamment en raison du mode de scrutin différent: les députés européens sont élus à la proportionnelle à un tour, loin de notre scrutin uninominal majoritaire.

Pour Emmanuel Macron, la question de l’appartenance à un groupe politique européen est d’autant plus importante que c’est par eux désormais que passe la désignation du président de la Commission européenne: chacun organise une sorte de primaire interne, puis présente “son” candidat – on l’appelle le “Spitzenkandidat”, selon le terme allemand.

Sans “famille” européenne, Emmanuel Macron ne pourra pas peser sur ce processus de décision. “Il est coincé, c’est pour cette raison qu’il a voulu changer le mode de désignation”, accuse Philippe Juvin. Le président a en effet exprimé son opposition à ce système, et a voulu y ajouter le principe de listes transnationales. Mais sa volonté a été fraîchement accueillie. Voilà donc le chef de l’Etat condamné à peser dans un groupe. “Au Parlement, il faut être dans une grosse machine”, ajoute Philippe Juvin. Il en est d’ailleurs convaincu: “Macron va essayer de faire un coup. Mais il aura du mal à faire plus qu’un plan de comm’”.

Arrogance ou humilité?

En attendant, les manoeuvres d’Emmanuel Macron ont déjà attiré l’attention. “Personne n’accepte qu’on lui impose un autre mode de fonctionnement”, prévient Philippe Juvin. L’eurodéputé Guillaume Balas, proche de Benoît Hamon, évoque lui “l’arrogance” d’Emmanuel Macron et estime “impossible” que le chef de l’Etat bouscule le Parlement comme il l’a fait en France. “En ne proposant des choses qu’à Merkel, il a déjà échoué. Je ne dis pas que certains du PSE ne partiront pas pour le rejoindre… Mais l’effet n’est plus le même”.

Pieyre-Alexandre Anglade, lui, assure que la démarche macronienne est “humble”: “les schémas politiques en France et en Europe ne sont pas les mêmes. On ne veut pas copier-coller ce qu’on a fait en France au niveau européen. Ce qui est certain en revanche, c’est que les crises multiples vécues en Europe appellent à une nouvelle réponse. On respecte ce qui a préexisté mais on ne peut pas poursuivre comme si le Brexit n’était pas intervenu”. Le système Macron n’a pas fini de faire parler de lui.



Source : http://www.bfmtv.com/politique/ringardiser-droite-et-gauche-macron-peut-il-refaire-le-coup-en-europe-1420543.html

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