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Occitanie

Notre-Dame-des-Landes. Cinq pistes pour sortir de la crise

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Au neuvième jour d’opérations de gendarmerie sur la Zad de Notre-Dame-de-Landes, la situation semble bloquée. Comment sortir de l’impasse ?

Pour l’heure, personne n’a la solution. Mais des pistes existent. On vous en résume six, pour comprendre la complexité de la crise à Notre-Dame-des-Landes.

En accélérant les destructions

« L’aéroport est abandonné. Leur colère  (des zadistes) est illégitime. »  L’inflexible Emmanuel Macron  a évoqué, lundi, d’autres évacuations après le 23 avril. Et si, au lieu de reculer, l’État accélérait les destructions ? Il a sous la main les hommes et le matériel pour raser la soixantaine d’habitats précaires encore débout.

Une telle option serait applaudie par la droite, et par une partie de l’opinion qui ne comprend plus l’obstination des zadistes. Mais poursuivre les expulsions présente un double risque : politique et humain.  « À voir si Macron est prêt à assumer des blessés graves ou pire », entend-on, à la fois chez les anti et les pro-aéroport.

En retirant les gendarmes mobiles

Ça ferait chuter la température. Mais jusqu’à quand ? Les lieux détruits seraient reconstruits. Plus important : rien ne garantit, à ce jour, que la fameuse route des Chicanes  traversant la zone ne serait pas de nouveau reprise par des radicaux de la Zad. Dans ce cas, le gouvernement serait ridiculisé.

En rouvrant les négociations

Cela semble indispensable, et dès cette semaine. Vendredi, la préfète a fait une offre de rencontre à la délégation,  qui mixe cinq opposants anti-NDDL et trois zadistes. Sans caler de date.  « Pour l’instant, nous n’avons pas répondu, car nous n’avons pas de position unanime », indique un membre de la délégation.

Les zadistes en débattaient lundi soir en assemblée. La confiance est rompue.  « Vous comprenez bien que des occupants qui ont vu leur cabane détruite n’ont pas trop envie de discuter si tôt… »   Sauf que le nouvel ultimatum, le 23 avril, arrive vite.  « Cette date sonne comme une injonction. On aimerait que la préfecture la recule », remarque Marcel Thébault, membre de la délégation. Les contacts ne sont pas coupés.

En nommant un médiateur

Le nom de José Bové  circule. Il est favorable au dialogue et au retrait des forces. Et son expérience pourrait jouer. Cette figure du Larzac ne dit pas non.  « Si on me demande d’intervenir, je le ferai. Mais jusqu’ici, je n’ai pas été demandé ni par les uns, ni par les autres. »

Dans la Zad, il ne fait pas l’unanimité.  « On est grands nous-mêmes », dit un paysan. Et puis, le vrai médiateur, n’est-ce pas la préfète Nicole Klein ? Certains zadistes l’accusent de  « trahison » après la destruction de la ferme des 100 noms, symbole de la volonté de dialogue. Mais beaucoup d’opposants la jugent «  bonne interlocutrice », « constructive », « connaisseuse »  et renvoient cette boulette sur le compte de Macron.

En acceptant le projet collectif

Après tout, ça marche au Larzac. L’État, propriétaire, y loue les terres à une société civile, gérée par les habitants… À Notre-Dame-des-Landes, la délégation avait proposé une issue similaire à la préfète, avant l’intervention des gendarmes.

Sous forme d’une  « convention collective » , une coopérative chapeautant des associations représentant diverses activités de la zone, sociales, culturelles, pas seulement agricoles. Emmanuel Macron leur reproche de refuser  « les formes juridiques qui existent déjà dans l’agriculture ». Impasse.

Le Président est pressé de rétablir l’État de droit. Les zadistes, qui fonctionnent tant bien que mal au consensus, ont besoin de temps pour mettre en place un collectif où la majorité l’emporte sur la minorité en cas de blocage, comme au Larzac. Et puis, les projets collectifs  « ont été déposés sans nom »,  regrette la préfète. En signant le formulaire simplifié

Les occupants illégaux ont jusqu’au 23 avril pour déposer un formulaire simplifié. Une simple feuille sur laquelle on indique son nom, son projet individuel (et non collectif) et le numéro de parcelle. «  Un formulaire qui ne crée pas de droit », précise la préfète, puisqu’une étude plus complète du dossier suivra. À ce jour, aucun formulaire n’a été rendu. 

« On veut nous isoler dans une démarche individuelle, nous enfermer dans quelque chose de classique, alors qu’on veut changer la société. » Et puis, pas question de nommer un occupant risquant des poursuites. Une position de principe. Et dans la Zad, le premier qui cédera sera considéré comme un  « traître »

Source : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/comment-sortir-d-une-impasse-nommee-zad-5701384



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