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Occitanie

Drame de Saint-Médard. « Ma vitesse était parfaitement adaptée », assure le chauffeur du camion

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Le procès de l’accident du drame de Saint-Medard-sur-Ille, qui avait fait trois morts et 61 blessés, se tient depuis lundi et jusqu’à vendredi au tribunal correctionnel de Rennes. Le chauffeur du camion qui s’était immobilisé sur la voie est un des trois prévenus. Ce matin, il s’est adressé aux victimes de l’accident. « Cela fait sept ans que je cache mon traumatisme. Trouver les mots qui pourront apaiser vos meurtrissures est utopique », a-t-il lu à l’ouverture du deuxième jour d’audience.

Ce mardi matin, à l’ouverture de la deuxième journée du procès de la collision au passage à niveau de Saint-Médard, le chauffeur du camion, avant son interrogatoire, a demandé à lire un texte à l’attention des victimes.

« Sept ans que je cache mon traumatisme »

« Pour la première fois, je m’adresse à toutes et à tous. Si je ne me suis exprimé avant, c’est à cause de l’interdiction qui m’en était faite par le contrôle judiciaire. Vous espérez très certainement beaucoup de moi, a expliqué le chauffeur, jugé pour homicides involontaires et blessures involontaires. Je ne connais aucun de vos visages. J’ai pris connaissance de vos souffrances, de vos traumatismes, de vos handicaps. Mais n’ayant jamais été à votre place, je ne peux imaginer ce que vous tous attendez de moi. »

Dans la salle, des victimes pleurent. « Cela fait sept ans que je cache mon traumatisme. Trouver les mots qui pourront apaiser vos meurtrissures est utopique », lit encore le prévenu.

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Des parties civiles émues aux larmes

La lettre du chauffeur du camion a circulé entre les victimes, pendant la suspension d’audience. Ses mots ont touché les parties civiles, émues aux larmes. « Nous attendions qu’il reconnaisse. C’était important », commente l’une d’elles.

« Je n’ai pas de colère contre le chauffeur. Il a fait une erreur, on en fait tous. Mais la sienne a eu de grosses conséquences », déplore une autre.

« Un maillon d’une chaîne défaillante »

Interrogé par la présidente du tribunal correctionnel après la lecture de cette lettre, sur son emploi du temps professionnel chargé, l’ex chauffeur du camion répond : « Si votre idée, c’est de dire que j’ai franchi ce passage parce que j’étais pressé, ce n’est pas du tout le cas. »

Le chauffeur qui estime n’être « qu’un maillon d’une chaîne défaillante » a également réaffirmé qu’il n’avait « pas vu les feux rouges clignoter du passage à niveau ».

« Ma vitesse était parfaitement adaptée »

Il assure ne pas avoir roulé trop vite, avec son ensemble routier long de 18,15m. « Ma vitesse était parfaitement adaptée au franchissement normal du passage à niveau. » Il raconte son engagement sur le PN : « J’ai passé mes rapports de vitesse pour franchir l’obstacle. Je vois la barrière devant moi qui commence à s’abaisser. » Il déclare avoir freiné. « Un réflexe », « un instinct ».

Le poids lourd « s’est immobilisé sur la voie ». Le conducteur aurait pensé « passer la marche arrière, parce que libérer une voie, c’est mieux que d’obstruer deux voies. »

Son dernier souvenir avant le choc : « La cabine [de son camion] arrive au niveau de la barrière mais sans l’avoir franchi. Après, j’ai été réveillé par des cris. »

« Au vu de ce que j’ai appris » sur le passage à niveau, « je pense que tout cela aurait pu être évité », a-t-il poursuivi, reconnaissant par ailleurs « la responsabilité d’avoir immobilisé [son] ensemble sur la voie. C’est la part qui m’incombe dans toute cette catastrophe. »

Source : https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/drame-de-saint-medard-ma-vitesse-etait-parfaitement-adaptee-assure-le-chauffeur-5702383



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