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Du solvant industriel au GHB, l’inquiétante drogue de synthèse

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Du solvant industriel au GHB, l'inquiétante drogue de synthèse

Il s’agit d’un simple produit facile d’accès qui peut se transformer en substance mortelle. Le gamma-butyrolactone, plus communément appelé GBL, a tué un jeune homme de 24 ans en mars dernier à Paris. Ce dernier avait consommé, à son insu, de ce solvant industriel, en vente librement, utilisé comme drogue dans les milieux festifs. Après ce décès et le coma de dix autres consommateurs, les autorités tentent de réagir.

“On va mettre au point un groupe de travail sur le juridique pour voir si on peut limiter la vente libre de ces produits, indique Michel Delpuech, le préfet de police de Paris au terme d’une réunion, lundi, avec les autorités sanitaires et les représentants des établissements de nuit. En second lieu, nous allons également travailler sur la sensibilisation du grand public à ce que sont ces produits, les risques qu’ils présentent.”

“Euphorisant, relaxant, désinhibant”

Avec un prix dérisoire – 120 euros le litre, soit l’équivalent de plus de 500 doses – la consommation de GBL tend à croire. Le produit est utilisé en petite quantité, dilué dans du soda ou de l’eau, par les jeunes en soirée. Une fois ingérée, la substance se transforme dans le corps en GHB, la “drogue du violeur”. “Si depuis le milieu des années 1990, elle est apparue principalement dans la communauté gay, elle se répand depuis peu dans les clubs”, déplore, auprès du Parisien, Fred Bladou, en charge des drogues à l’association Aides. Aujourd’hui, cette drogue se répand “dans une population mixte et de plus en plus jeune (17-25 ans)”.

“Ça a un effet euphorisant, relaxant, désinhibant”, raconte à visage caché Sylvain un consommateur de GBL depuis une dizaine d’années. Les effets de cette drogue de synthèse montent de manière plus progressive que le GHB et ses effets durent plus longtemps, entre 3 à 5 heures. “Le GHB/GBL est utilisé à des fins de stimulation du désir sexuel, d’amplification de la libido ou encore de recherche d’endurance et de performance sexuelle”, explique l’l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), qui note que les consommateurs cherchent des effets semblables à ceux de l’ecstasy.

“Cette drogue donne une dépendance physique, c’est-à-dire qu’il y a une tolérance, cela signifie que les usagers ont besoin d’en prendre de plus en plus pour avoir le même effet, explique Philippe Batel, médecin addictologue. Quand ils n’en prennent pas, il y a effet de sevrage.”

La vente interdite aux particuliers

Le gamma-butyrolactone se présente sous forme liquide et est utilisé comme solvant à peinture, epoxy ou vernis à ongles et dont la vente est interdite aux particuliers. “Le GBL ne faisant l’objet d’aucun classement juridique du fait d’une utilisation courante dans l’industrie, l’approvisionnement se ferait essentiellement et très facilement par Internet ou par de petites filières de détournement auprès de l’industrie”, notait déjà en 2009 l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Les incidents liés à sa consommation se multipliant, le collectif Action Nuit, qui regroupe les professionnels de la nuit à Paris, a alerté, le 22 mars dernier, les autorités et réclamé de l’aide pour faire face au phénomène. Consommé à forte dose, le GBL peut provoquer un coma. En 2017, on en recense 40. En décembre, trois jeunes filles en ont été victimes après une soirée dans une boîte de nuit, les Nuits fauves. Trois autres jeunes ont dû être hospitalisés après avoir consommé de cette drogue de synthèse lors d’une soirée au Grand Rex. Le phénomène n’aurait pourtant rien de parisien: “Lyon et Bordeaux relèvent des phénomènes semblables”, selon l’OFDT.

“Il faut noter qu’à l’échelle de l’ensemble de la population la diffusion de ce produit reste extrêmement faible et n’est pas mesurée par les enquêtes en population générale”, nuance toutefois l’observatoire.



Source : http://www.bfmtv.com/societe/du-solvant-industriel-au-ghb-l-inquietante-drogue-de-synthese-1420904.html

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