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Occitanie

« Il faut être prêt à investir »

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Emmanuel Macron a évoqué, dimanche, une nouvelle journée de solidarité pour financer le « grand âge ». Est-ce la bonne solution ? Entretien avec Roméo Fontaine, économiste du vieillissement et chercheur à l’Institut national d’études démographiques.

Le président de la République a indiqué, ce dimanche lors de son interview avec Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, a évoqué, qu’il envisageait d’instaurer une nouvelle journée de solidarité pour financer le « grand âge ». Pour Roméo Fontaine, économiste du vieillissement et chercheur à l’Institut national d’études démographiques, une deuxième journée de solidarité fournirait un financement non négligeable mais encore insuffisant.

Pourquoi reparle-t-on de la dépendance ?

À cause des mouvements sociaux dans les Ehpad. Mais il y a la question de fond : le vieillissement de la population. Les effectifs augmentent en maison de retraite. Et ils évoluent : les personnes rentrent plus tard, avec des besoins de prise en charge plus importants. Mais les financements qui n’ont pas l’air de suivre.

Combien manque-t-il pour financer ce risque ?

Tout dépend de l’ambition qu’on se fixe. Un rapport de l’Assemblée nationale évoque près de 20 milliards d’euros par an pour changer de modèle. Un autre estime que doubler le taux d’encadrement des résidents dans les Ehpad coûterait entre 8 et 10 milliards à l’année.

L’exécutif parle d’une nouvelle journée de solidarité. Cela sera suffisant ?

Aujourd’hui, cette journée contribue pour 2,4 milliards d’euros au financement de la dépendance. Une deuxième journée doublerait la mise. Ce n’est pas négligeable pour réduire les restes à charge des personnes âgées et leur famille. Mais pas suffisant de changer de modèle.

Y a-t-il une autre solution ?

Réformer l’aide sociale à l’hébergement (ASH). C’est l’aide dont bénéficient les personnes âgées vivant en établissement. Mais le département, qui la verse, peut la récupérer sur la succession du bénéficiaire, ce que beaucoup refusent. Supprimer cette contrainte coûterait environ trois milliards d’euros, mais l’ASH bénéficierait à davantage de personnes.

Dans tous les cas, il faut qu’on soit prêt à investir les montants nécessaires et augmenter la solidarité publique et les prélèvements sociaux. Sans ça, la question de la dépendance reviendra à chaque mandat.

Source : https://www.ouest-france.fr/economie/journee-de-solidarite-il-faut-etre-pret-investir-5702660



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