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« Jamais je n’aurais pensé comparer un président des Etats-Unis à un chef de la mafia » 

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« Jamais je n'aurais pensé comparer un président des Etats-Unis à un chef de la mafia » 

Un nouveau livre explosif contre Donald Trump. Quatre mois après l’ouvrage choc du journaliste Michael Wolff, c’est cette fois-ci James Comey, l’ancien directeur du FBI limogé par le président américain en mai 2017, qui signe un livre au vitriol contre le locataire de la Maison Blanche.

L’ouvrage, qui s’intitule A Higher Loyalty: Truth, Lies, and Leadership (en français Mensonges et vérités), sort ce mardi aux Etats-Unis et en France. A cette occasion, BFMTV a pu rencontrer James Comey à New York, et évoquer avec lui ce livre qui a d’ores et déjà fait couler beaucoup d’encre outre-Atlantique, et dans lequel il aborde plusieurs aspects de la présidence Trump.

> Un président qui “menace les valeurs”

Face à Ruth Elkrief, l’ancien numéro un de la police fédérale américaine, qui a occupé ce poste sous George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump, a expliqué avoir décidé d’écrire ce livre car les Etats-Unis “traversent une époque dangereuse”. 

“Le leadership (de Donald Trump, ndlr) menace certaines de nos valeurs. J’ai pensé que je pouvais être utile après mon limogeage en essayant de présenter ma vision de ce qu’un leader éthique doit être”, a fait valoir James Comey. “Les Etats-Unis sont pour moi un pays fait de valeurs, tout comme la France. Nos valeurs sont nos fondations. Et je vois ce président s’éloigner et menacer ces valeurs qui sont au cœur de notre pays. Nous survivrons à cette période, mais mon objectif est d’en parler”, a-t-il ajouté, estimant que “Donald Trump ne reflète pas les valeurs fondamentales” de son pays.

> Trump, “parrain de la mafia”

Dans son livre, James Comey dépeint ainsi Donald Trump comme un “chef de la mafia”, qui ne se concentrerait que sur ce qui est bénéfique pour lui-même. 

“Jamais je n’aurais pensé un jour avoir à comparer le leadership d’un président des Etats-Unis à celui d’un parrain de la mafia. (…) Je ne dis pas que Donald Trump casse les jambes des gens ou fait exploser des épiceries comme un parrain. Ce que je veux dire, c’est que son leadership ne se concentre que sur ce qui est bénéfique pour le patron, la fidélité envers le patron, et n’a rien à voir avec les valeurs éthiques. Le type de leadership qu’il a adopté est très similaire à celui d’une famille mafieuse”, a détaillé James Comey sur BFMTV pour justifier cette comparaison. 

Et James Comey de se souvenir de ce jour où Donald Trump lui a demandé sa loyauté.

“J’étais à la fois surpris et déterminé, en tant que directeur du FBI, à ne pas être contraint d’être loyal envers qui que ce soit. Le rôle du FBI est de faire preuve d’indépendance et non pas de servir un dirigeant politique unique”, a raconté James Comey.

> Une ingérence russe dans la présidentielle de 2016 qui “ne fait aucun doute”

Les liens entre le clan Trump et la Russie sont au coeur de l‘enquête du procureur spécial Robert Mueller. Et pour James Comey, cette interférence russe dans la campagne présidentielle de 2016 “ne fait aucun doute”, et a répondu à des buts bien précis.

“Les Russes ont interféré dans l’élection de 2016 avec trois objectifs. Premièrement, nuire aux Etats-Unis et à leur image de démocratie. Deuxièmement, nuire à Hillary Clinton. Et enfin, aider Donald Trump. Cela ne fait aucun doute. Cela fait partie d’une longue tradition russe. Ils ont interféré dans les élections européennes et américaines”, a ainsi estimé James Comey.

Quant à savoir si la Russie a également tenté d’influer sur l’élection présidentielle française de 2017, James Comey a préféré éluder la question.

“Tout ce que je peux dire, c’est que je sais que les Russes ont essayé d’interférer dans des élections en Europe occidentale, dans toutes les démocraties européennes. Ils le font depuis des années. Mais c’est tout ce que je peux dire. Je ne peux pas tout raconter. Même si je ne suis plus au FBI, je dois respecter la confidentialité de certaines informations. Mon livre a été examiné par le FBI avant que je le publie”, a-t-il ainsi expliqué. 

> Un comportement “anormal” pour un président

James Comey fait partie des nombreuses victimes des attaques et insultes publiques publiées par Donald Trump sur son compte Twitter. L’ancien numéro un du FBI a notamment été récemment qualifié de “raclure” par le président américain, qui a fait de ces salves de tweets sa marque de fabrique. Mais si les propos l’ont laissé indifférent, James Comey estime qu’il ne s’agit pas d’un comportement approprié pour un chef d’Etat.

“Ça ne me dérange pas personnellement, mais le plus important, c’est que les Américains ne considèrent pas ce genre de comportement normal. Ce n’est pas normal ou acceptable pour un président de dire qu’un citoyen devrait être en prison. Ce n’est pas conforme à notre système ou à l’Etat de droit. Le danger avec Donald Trump, c’est qu’on risque de s’habituer à cela et finir par l’accepter. On ne doit pas. Il est président des Etats-Unis, il a été légalement élu. Mais ça ne veut pas dire qu’on doit accepter un comportement qui met à mal nos valeurs”, a encore jugé James Comey sur BFMTV.



Source : http://www.bfmtv.com/international/james-comey-ex-directeur-du-fbi-jamais-je-n-aurais-pense-comparer-un-president-des-etats-unis-a-un-chef-de-la-mafia-1421388.html

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