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Les paradoxes de Jia Zhang-ke

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Les paradoxes de Jia Zhang-ke

Longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant en Chine, le réalisateur vient d’être élu député de l’Assemblée nationale populaire.

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Jia Zhang-ke à Paris, le 1er mai 2018.

En costume cravate, flanqué de deux autres représentants du peuple nouvellement désignés, Jia Zhang-ke se tient droit comme un « i » dans la lumière des projecteurs. Face à lui, à une dizaine de mètres, une meute de journalistes chinois retenus par un cordon de sécurité. La scène se passe dans l’immense hall d’accueil du Palais du peuple, sur la place Tiananmen, là où s’est tenue la session annuelle du parlement chinois à laquelle Jia Zhang-ke participait pour la première fois, début mars, en tant que député de sa région natale, la province du Shaanxi.

Intérêt des studios

Drôle de consécration pour l’auteur chinois par excellence, longtemps célébré comme la figure de proue du cinéma indépendant de son pays. Son premier film, Xiao Wu, artisan pickpocket, tourné en 1997 sans autorisation, lui valut un rappel à l’ordre du bureau de la censure et une forte amende. Il s’en acquitta, pensant que ça lui permettrait de tourner autre chose. Il n’en fut rien : malgré l’intérêt des studios de ­Pékin pour Platform, le projet de son deuxième film fut refusé. « La première raison était qu’il n’était pas question de lever l’interdiction qui me frappait ; et la seconde : le scénario couvrait une période de dix ans, de 1980 à 1990, et le Bureau du cinéma avait estimé que j’étais trop jeune pour en parler, qu’il me fallait attendre encore dix ans pour pouvoir raconter cette époque », explique-t-il dans Le Monde de Jia Zhang-ke, de Jean-Michel Frodon (Yellow Now, 2015).

« Le Bureau du cinéma avait estimé qu’il me fallait attendre encore dix ans pour pouvoir raconter cette époque »

Jia Zhang-ke passa donc outre, de film en film, jusqu’à The World, en 2002, le premier distribué officiellement en Chine. Sans réellement s’embourgeoiser, malgré les prix (Lion d’or pour Still Life à Venise en 2006), le soutien inflexible des studios de Shanghaï, et le documentaire qu’il réalise en commandite pour l’Exposition universelle…

Source : http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2018/05/08/les-paradoxes-de-jia-zhang-ke_5295999_766360.html



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