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Au Japon, les blessures à vif des héros de la Restauration Meiji

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Au Japon, les blessures à vif des héros de la Restauration Meiji

Le souvenir de la guerre de Seinan, qui a opposé des combattants de la même région au XIXe siècle, n’est toujours pas apaisé. En témoigne la controverse autour d’une cérémonie organisée le 6 mai.

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La statue de Takamori Saigo au parc d’Ueno, à Tokyo, en mai 2007.

LETTRE DE TOKYO

Le Japon commémore cette année le 150e anniversaire de la Restauration Meiji. En 1868, les réformateurs partisans de l’empereur prenaient le pouvoir, mettant fin au shogunat (système féodal) des Tokugawa qui dominait l’archipel depuis 1603 pendant la période dite d’Edo. Le nouveau régime engageait alors le pays sur la voie d’une modernisation accélérée dont le corollaire fut le renoncement plus ou moins forcé aux traditions d’Edo.

L’évolution ne se fit pas sans heurts et le déchirement entre ces traditions et les valeurs souvent importées d’Occident provoqua des tragédies dont furent victimes certains acteurs de l’époque, qui occupent toujours une place à part dans l’imaginaire populaire et continuent de susciter des controverses.

Ainsi de Takamori Saigo (1828-1877), héros choisi par la chaîne publique NHK pour l’édition 2018 de sa série historique diffusée tous les dimanches soir de l’année. S’appuyant sur les écrits de la romancière Mariko Hayashi, la série titrée Segodon rencontre un réel succès.

Le « dernier samouraï »

Souvent surnommé le « dernier samouraï », Takamori Saigo a vu le jour dans une famille de samouraïs modestes du clan des Satsuma, dont le fief se trouvait dans ce qui est aujourd’hui le département de Kagoshima, sur l’île de Kyushu (sud-ouest). Elevé selon le strict code des samouraïs, il était connu pour son physique imposant – il dépassait 1,80 m –, ses qualités de combattant et son respect des valeurs traditionnelles.

Il contribua au renversement du shogunat mais, même s’il pouvait considérer la modernisation comme inévitable et s’il prit la tête de l’armée de l’administration Meiji, il fut vite déçu par les mesures prises, notamment la suppression des privilèges des samouraïs qui durent renoncer, en 1871, au « chonmage », la coupe de cheveux traditionnelle, puis à porter le sabre en 1876. Après avoir échoué à promouvoir une intervention militaire en Corée en 1873 pour raviver…

Source : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/05/10/au-japon-les-blessures-a-vif-des-heros-de-la-restauration-meiji_5297157_3216.html



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