Un constat qui fait grincer des dents
On pourrait croire que les choses ont évolué. Pourtant, en 2026, le constat est là : les femmes brillent encore trop souvent dans l'ombre des laboratoires. Et pas seulement parce qu'elles y sont moins nombreuses (32% des chercheurs en France, selon les derniers chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur). Non, le problème est plus profond. Leurs découvertes, leurs contributions, leurs heures de travail acharné ? Souvent effacées, minimisées, voire carrément volées.
Isabelle Vauglin, physicienne et militante pour l'égalité dans les sciences, n'y va pas par quatre chemins : « Ces domaines vont vraiment dans le mauvais sens. » (D'après nos confrères de Futura Sciences)
Le truc, c'est que ça n'est pas une question de compétences. Les femmes sont tout aussi brillantes, tout aussi motivées. Alors pourquoi ce décalage ? Pourquoi cette invisibilisation systématique ?
L'effet Matilda, ce vieux démon
Parlons-en, de l'effet Matilda. Vous connaissez ? Non ? (On va vous expliquer.)
En 1993, une historienne américaine, Margaret Rossiter, donne un nom à ce phénomène : l'effet Matilda. Le principe ? Les contributions scientifiques des femmes sont systématiquement attribuées à leurs collègues masculins. Autant dire que ça fait des siècles que ça dure. (Résultat des courses : des prix Nobel volés, des brevets attribués à d'autres, des découvertes oubliées.)
Et en 2026, on en est encore là. Prenez l'exemple de Jocelyne DiRuggiero, biologiste moléculaire. En 2020, une étude qu'elle a menée est reprise par un collègue masculin, qui en récolte toute la gloire. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça donne envie de crier au scandale.
Alors, comment enrayer ce mécanisme ? Comment faire en sorte que les femmes soient enfin reconnues à leur juste valeur ?
Des solutions existent, mais...
On pourrait commencer par rendre les processus d'évaluation plus transparents. Parce que là, c'est le flou artistique. Qui décide ? Sur quels critères ? Comment éviter les biais inconscients ?
Autre piste : valoriser les mentors et les réseaux de soutien. Parce que les femmes scientifiques ont besoin d'alliées, de personnes qui les voient, les entendent, les soutiennent. Des initiatives comme « Women in Science » ou « Les Ingénieuses » font un travail formidable. Mais il en faudrait bien plus.
Et puis, côté éducation, il y a du boulot. Dès le plus jeune âge, il faut montrer aux filles que la science, c'est aussi pour elles. Que les labos ne sont pas des territoires réservés aux hommes. Que leurs idées, leurs découvertes, leurs rêves ont autant de valeur.
Bref, la route est encore longue. Mais on ne peut plus faire comme si de rien n'était. Il est grand temps d'agir.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vous êtes scientifique ? Vous avez été témoin de situations d'injustice ? Vous avez des idées pour changer les choses ? Partagez votre expérience en commentaire !
Parce que c'est ensemble qu'on fera bouger les lignes. Ensemble qu'on mettra fin à cette invisibilisation systématique. Ensemble qu'on rendra justice aux femmes qui font avancer la science, jour après jour, malgré tout.
Le terme « effet Matilda » a été popularisé par Margaret Rossiter en 1993, en référence à Matilda Joslyn Gage, une suffragette et féministe américaine du XIXe siècle. Gage a beaucoup écrit sur l'invisibilisation des femmes dans l'histoire, notamment dans les domaines scientifiques. Le choix de ce nom rend hommage à son travail et à son engagement.
Les conséquences sont multiples et graves. Tout d'abord, cela décourage les femmes de poursuivre une carrière scientifique, en leur donnant l'impression que leurs efforts ne seront jamais reconnus. Ensuite, cela fausse complètement l'histoire des sciences, en effaçant des contributions majeures. Enfin, cela prive la société de talents et d'innovations qui pourraient changer le monde.
Envie d'en savoir plus ? Découvrez notre article sur les femmes dans la science.
