On pourrait croire que l'affaire est close. Pourtant, la décision du procureur de Meaux laisse un goût amer. (Et pas que pour les proches de Camélia.)

Une décision qui fait grincer des dents

Le procureur de la République de Meaux a tranché : « il n’existe pas d’éléments suffisants pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque ». Traduction ? L'enquête ouverte pour harcèlement dans le cadre du suicide de Camélia, 17 ans, est classée sans suite. Le drame s'était produit le 13 janvier dernier à la gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf, en Seine-et-Marne.

Autant dire que la nouvelle est tombée comme un couperet. D'après nos confrères de Libération, cette décision soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les proches de la jeune fille ne vont pas en dormir plus tranquilles.

Les zones d'ombre persistent

Alors, que s'est-il vraiment passé ? Difficile de le dire avec certitude. Les éléments dont disposent les enquêteurs ne permettent pas d'établir un lien direct entre le harcèlement présumé et le geste fatal de Camélia. Mais est-ce suffisant pour clore le dossier ?

Les témoignages recueillis, les messages échangés, les vidéos de surveillance... Tout cela a été passé au crible. Pourtant, rien ne permet d'incriminer qui que ce soit. Résultat des courses : l'enquête s'arrête là. (On se demande si les proches de Camélia vont se contenter de cette réponse.)

Le procureur a expliqué que les éléments recueillis ne permettaient pas d'établir une responsabilité pénale. Mais pour les associations de lutte contre le harcèlement scolaire, c'est une décision incompréhensible. Elles dénoncent un manque de moyens et une justice qui ne protège pas suffisamment les victimes.

Les réactions des proches et des associations

Côté famille, c'est la colère qui domine. « On nous dit que notre fille est morte pour rien », confie un proche. Les associations, elles, appellent à une réforme urgente de la législation sur le harcèlement scolaire. Elles demandent notamment la création d'un délit spécifique pour les cas de harcèlement en ligne.

Le truc, c'est que Camélia n'est pas un cas isolé. En France, un enfant se suicide tous les cinq jours. Et dans la plupart des cas, le harcèlement scolaire est en cause. Alors, comment expliquer que les enquêtes aboutissent si rarement ?

Les associations pointent du doigt le manque de moyens et la difficulté à recueillir des preuves tangibles. « On ne peut pas laisser faire ça », s'indigne une représentante d'une association de lutte contre le harcèlement scolaire. « Il faut que les choses changent. »

Et maintenant ?

La question qui se pose maintenant est de savoir ce que vont faire les proches de Camélia. Vont-ils se contenter de cette décision ? Ou vont-ils continuer à se battre pour que justice soit faite ?

Une chose est sûre : l'affaire Camélia ne va pas s'effacer comme ça. Elle va continuer à hanter les consciences. Et à poser la question de la responsabilité pénale dans les cas de harcèlement scolaire. (On peut se demander si les autorités vont enfin prendre la mesure du problème.)

La décision du procureur de Meaux signifie que personne ne sera poursuivi pénalement dans cette affaire. Cela ne signifie pas pour autant que le harcèlement présumé n'a pas eu lieu, mais simplement que les preuves recueillies ne permettent pas d'établir une responsabilité pénale.

Les proches de Camélia peuvent décider de poursuivre leur combat en dehors du cadre judiciaire. Ils peuvent par exemple créer une association pour sensibiliser le public au problème du harcèlement scolaire. Ils peuvent aussi faire pression sur les autorités pour que des mesures concrètes soient prises.

Il existe plusieurs façons d'aider à lutter contre le harcèlement scolaire. On peut par exemple soutenir les associations qui œuvrent dans ce domaine. On peut aussi sensibiliser son entourage au problème. Enfin, on peut signaler tout cas de harcèlement dont on est témoin.

En attendant, l'affaire Camélia reste un drame de plus dans une longue liste. Et une question qui persiste : comment protéger nos enfants ?