Un accord qui fait grincer des dents
Le 12 février, le Bangladesh va aux urnes. Une date qui devrait marquer un tournant après la révolution de l'été 2024. Sauf que... (on y revient toujours). Les jeunes, ces héros de la contestation, viennent de signer un pacte avec une formation islamiste. Autant dire que ça fait des vagues.
Imaginez : des étudiants qui ont risqué leur peau pour la démocratie, et qui finissent par pactiser avec ceux qui pourraient bien enterrer leurs idéaux. Difficile de ne pas voir là une forme de trahison. Ou au moins une énorme contradiction.
Qui sont ces étudiants qui ont tout déclenché ?
Rappelons-le : en 2024, c'est bien la jeunesse bangladaise qui a mis le feu aux poudres. Des mois de manifestations, des milliers de jeunes dans la rue, des slogans qui résonnaient comme un écho à Mai 68. « On veut la démocratie ! » criait-on. Et puis, patatras.
Le truc, c'est que ces mêmes étudiants, ceux qui avaient juré de ne jamais transiger, viennent de s'allier avec le Jamaat-e-Islami. Un parti qui, soyons clairs, n'a jamais caché ses velléités autoritaires. (D'ailleurs, certains observateurs parlent déjà de « mariage contre nature ».)
Pourquoi ce revirement ? La réponse est simple : la peur. Peur de l'inconnu, peur de l'instabilité, peur de tout perdre. Bref, la peur, cette vieille compagne des révolutions.
Un accord qui sent le soufre
Alors, que contient cet accord ? Officiellement, rien de bien méchant. Quelques promesses de réformes, des engagements vagues sur la laïcité. Mais en creusant un peu, on découvre des clauses qui font froid dans le dos. Par exemple, l'accord prévoit la création d'une commission pour « réviser » le système éducatif. (On imagine déjà les manuels d'histoire réécrits à la sauce islamiste.)
Et puis, il y a les petits détails qui tuent. Comme cette clause qui autorise le Jamaat-e-Islami à nommer des représentants dans les universités. Autant dire que les profs et les étudiants vont devoir marcher sur des œufs.
Résultat des courses : les étudiants radicaux, ceux qui n'ont jamais voulu entendre parler de compromis, sont furieux. Certains parlent déjà de trahison. D'autres, plus pragmatiques, préfèrent attendre de voir. (Mais bon, on connaît la suite : une fois qu'on a commencé à céder, c'est difficile de s'arrêter.)
Et maintenant ?
Alors, que va-t-il se passer ? Difficile à dire. D'un côté, il y a ceux qui croient encore au miracle. Qui pensent que les étudiants sauront garder le contrôle. De l'autre, il y a les pessimistes, ceux qui voient déjà le pays glisser vers l'autoritarisme.
Moi, je penche plutôt pour la deuxième option. Parce que, soyons honnêtes : une fois qu'on a fait un pas vers l'extrémisme, il est difficile de revenir en arrière. Et puis, il y a cette petite voix qui me chuchote que les islamistes ne vont pas se contenter de miettes.
En attendant, les élections approchent. Et avec elles, leur lot d'incertitudes. Une chose est sûre : quoi qu'il arrive, le Bangladesh ne sera plus jamais le même.
Principalement par peur de l'instabilité et de l'inconnu. Après des mois de manifestations, beaucoup ont préféré un accord incertain à un avenir encore plus flou.
Les conséquences pourraient être graves. En s'alliant avec le Jamaat-e-Islami, les étudiants risquent de donner une légitimité à un parti qui a toujours eu des tendances autoritaires.
Personne ne le sait vraiment. Tout dépendra de la capacité des étudiants à garder le contrôle et à empêcher les islamistes de prendre trop de pouvoir.
