Imaginez un peu : votre conseiller Pôle Emploi qui consulte vos relevés téléphoniques. Bizarre, non ? Pourtant, c'est le scénario qui pourrait se concrétiser d'ici quelques semaines. Le ministre du Travail a donné son feu vert à cette mesure controversée. On vous explique tout.

Un projet de loi qui fait grincer des dents

C'est un amendement glissé dans le projet de loi sur le chômage qui a relancé le débat. Selon nos confrères de Capital, le texte, déjà adopté par le Sénat, sera examiné par les députés fin février. L'objectif ? Éviter que des allocataires perçoivent des indemnités alors qu'ils résident à l'étranger.

Le truc, c'est que cette mesure ne fait pas l'unanimité. Certains y voient une atteinte à la vie privée. D'autres estiment qu'elle pourrait dissuader les fraudeurs. Difficile de trancher, mais une chose est sûre : ça va faire du bruit.

France Travail dans le collimateur

C'est l'organisme qui héritera de cette nouvelle prérogative. France Travail, qui a succédé à Pôle Emploi, pourrait donc avoir accès à des données sensibles. (On se demande d'ailleurs si les allocataires seront prévenus avant que ces vérifications aient lieu...)

Autre chose : cette mesure s'inscrit dans une logique plus large de contrôle accru des bénéficiaires du chômage. Depuis quelques années, les dispositifs de surveillance se multiplient. Rappelons-nous les vérifications aléatoires de domicile, ou encore les sanctions pour refus d'offre d'emploi. Résultat des courses : le filet se resserre autour des chômeurs.

Quels risques pour les allocataires ?

Concrètement, que risque-t-on si cette mesure est adoptée ? D'après nos informations, les relevés téléphoniques pourraient servir à prouver qu'un allocataire réside bien en France. (Mais comment ? En analysant les bornes téléphoniques ? En croisant les données avec les factures d'électricité ? Mystère...)

Ce qui est sûr, c'est que cette mesure pourrait dissuader certains de frauder. Mais à quel prix ? La question de la vie privée est légitime. Et puis, est-ce que ça vaut vraiment le coup de mettre en place un tel dispositif pour quelques fraudeurs ?

Vers un durcissement des règles ?

Cette proposition s'inscrit dans un contexte plus large de durcissement des règles pour les chômeurs. Depuis 2023, les sanctions se multiplient. Les radiations pour refus d'offre d'emploi ont augmenté de 30%. Et les contrôles aléatoires se sont intensifiés.

Alors, est-ce que cette nouvelle mesure va plus loin que les précédentes ? On pourrait se demander si on ne va pas vers une société de surveillance. (Un peu comme dans