Le compte à rebours a commencé. Dans moins de six mois, le 1er juillet 2026, la France va dire adieu à une partie de ses acteurs crypto. L'AMF vient de rappeler à l'ordre les PSAN, ces prestataires de services sur actifs numériques. Sans agrément MiCA, c'est la porte. Et elle risque de claquer fort.

MiCA : le couperet tombe dans six mois

On pourrait croire à une simple formalité administrative. Détrompez-vous. Cette échéance, c'est un peu comme le bac pour les lycéens : une étape cruciale qui va faire le tri. D'un côté, les sérieux qui auront bossé leur dossier. De l'autre, ceux qui n'auront pas suivi. Résultat des courses : certains vont devoir mettre la clé sous la porte.

Pourquoi tant de rigueur ? Parce que l'Europe ne rigole pas avec la régulation. Le règlement MiCA, adopté en 2023, entre dans sa phase active. Finie la période transitoire, place à la conformité obligatoire. L'AMF, elle, joue les profs stricts : "Attention les enfants, les devoirs sont à rendre avant le 1er juillet."

Alors, comment ça va se passer ? Les PSAN ont jusqu'au 30 mars 2026 pour déposer leur demande d'agrément. Après, c'est trop tard. Et attention, l'instruction prend du temps : jusqu'à quatre mois. Autant dire qu'il faut s'y mettre maintenant. Sans oublier que les dossiers incomplets ou mal ficelés seront renvoyés à l'envoyeur.

Sanctions : jusqu'à deux ans de prison

Vous pensez que l'AMF bluffe ? Pas du tout. Les sanctions sont lourdes : deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Et ce n'est pas tout. L'autorité prévoit même une liste noire des prestataires non autorisés. Imaginez le scénario : votre site crypto préféré se retrouve blacklisté, avec un bel avertissement public. Pire, l'AMF pourrait demander le blocage judiciaire du site.

Alors, que faire ? Deux options s'offrent aux PSAN : se mettre en conformité ou fermer boutique. Pour ceux qui veulent continuer, il va falloir jouer le jeu. Dossier complet, arguments solides, conformité aux exigences MiCA. Pas le choix.

Et pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se conformer ? Il faudra organiser un retrait ordonné. Transfert des crypto-actifs vers un prestataire agréé ou vente avec préavis. Bref, rien de très glamour.

Le passeport européen, un atout majeur

Pour les heureux élus qui obtiennent leur agrément, la récompense est belle : le passeport européen. Autant dire un sésame pour opérer dans toute l'Union européenne. Une aubaine pour les acteurs français qui veulent se développer à l'international.

Mais attention, ce n'est pas une mince affaire. L'AMF exige des garanties solides. Sécurité, transparence, conformité : le trio gagnant pour obtenir ce précieux sésame. Et pour ceux qui l'obtiennent, c'est un vrai coup de projecteur sur leur sérieux et leur crédibilité.

Alors, prêt à jouer le jeu ? Parce que le marché crypto français va changer. Et ceux qui ne suivront pas le rythme risquent de se faire distancer. Ou pire, de disparaître.

Une transition qui fait grincer des dents

Évidemment, cette transition ne fait pas que des heureux. Certains acteurs critiquent un cadre trop strict, d'autres dénoncent des délais trop courts. Mais l'AMF reste ferme : "C'est comme ça, c'est la loi."

Pourtant, difficile de nier que cette régulation est une bonne chose. Plus de transparence, plus de sécurité pour les investisseurs. Et puis, soyons honnêtes, le secteur crypto a besoin de se structurer. Finis les cow-boys, place aux professionnels.

Alors, oui, certains vont trinquer. Mais au final, c'est peut-être une bonne nouvelle pour l'écosystème. Une occasion de grandir, de se professionnaliser. Et pour les acteurs sérieux, une opportunité de se démarquer.

Reste à savoir qui va tenir le coup. Parce que dans six mois, le marché crypto français ne ressemblera plus à celui d'aujourd'hui.

Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) est un cadre réglementaire européen adopté en 2023. Il vise à encadrer les services sur actifs numériques dans l'Union européenne. Il impose des règles strictes en matière de transparence, de sécurité et de conformité.

Un PSAN qui ne se conforme pas risque des sanctions lourdes : jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. L'AMF peut également publier une liste noire des prestataires non autorisés et demander le blocage judiciaire de leurs sites internet.

Pour obtenir le passeport européen, un PSAN doit obtenir un agrément MiCA de l'AMF. Cet agrément est délivré après une instruction rigoureuse qui vérifie la conformité du prestataire aux exigences de sécurité, de transparence et de régulation.