Un an après le dépôt de recours contre l'État pour non-assistance à personnes mal logées, les associations estiment que la situation n'a pas évolué. Chaque soir, 6.000 demandes d'hébergement d'urgence restent sans réponse, selon les données rapportées par les associations.
Un collectif d'associations dénonce un État « hors-la-loi »
Le collectif des Associations pour le Logement (CAL), regroupant une vingtaine d'organisations, a déploré jeudi que l'État ne respecte pas ses obligations légales en matière d'hébergement d'urgence. Selon Nathalie Latour, directrice de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, « 6.000 demandes en hébergement d'urgence ne sont pas pourvues au 115 chaque soir ». Le CAL considère que l'État ne remplit pas ses obligations de résultat fixées par le Code de l'action sociale des familles, notamment l'accès inconditionnel à des dispositifs d'hébergement d'urgence pour toute personne en situation de détresse.
Des chiffres alarmants concernant les enfants sans abri
La Fondation pour le Logement (ex-Fondation Abbé Pierre) a révélé dans son rapport 2026 que 2.159 enfants n'ont pas obtenu de solution d'hébergement après un appel au 115 à la fin du mois d’août 2025. Parmi eux, 503 avaient moins de trois ans et 171 étaient des bébés de moins d’un an. Ces chiffres représentent une augmentation de 30% depuis 2022 pour l’ensemble des enfants et de 37% pour les enfants de moins de trois ans. La situation s'est encore dégradée avec l'arrivée de l'hiver, avec 2.367 enfants restés sans solution d’hébergement le 11 novembre 2025.
L'État se défend en invoquant des moyens insuffisants
L'État, contacté par l'AFP, a souligné que plus de trois milliards d'euros sont consacrés chaque année à l'hébergement d'urgence. Cependant, Maître Clément Capdebos, avocat du collectif d'associations, a critiqué l'État pour se « réfugier derrière une insuffisance de moyens dont il est lui-même responsable ». Il a annoncé le dépôt d'un mémoire en réplique à la réponse de l'État dans les prochaines semaines.
Un manque de dialogue entre l'État et les associations
Nathalie Latour a fustigé le manque de dialogue avec le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui n'aurait pas trouvé une minute pour recevoir les associations depuis sa nomination il y a quatre mois. « C'est extrêmement inquiétant et scandaleux », a-t-elle déclaré. Par ailleurs, le second recours, portant sur le droit au logement opposable (Dalo), n'a fait l'objet d'aucune réponse de l'État.
Une augmentation préoccupante du nombre de personnes sans domicile
Selon le rapport 2026 sur l'état du mal-logement en France, le nombre de personnes sans domicile a augmenté ces dernières années, passant de 330.000 en 2023 à 350.000 en 2024. En 2020, ce chiffre était de 300.000, et en 2012, de 143.000. Ces données soulignent une tendance inquiétante qui nécessite une action urgente.
Perspectives et actions futures
Les associations continuent de plaider pour une meilleure prise en charge des personnes sans abri et une augmentation des moyens alloués à l'hébergement d'urgence. Elles appellent également à un dialogue plus constructif avec les autorités pour trouver des solutions durables à la crise du logement en France.
L'État est tenu, selon le Code de l'action sociale des familles, d'accorder un accès inconditionnel à des dispositifs d'hébergement d'urgence à toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale.
En août 2025, 2.159 enfants n'ont pas obtenu de solution d'hébergement après un appel au 115, dont 503 de moins de trois ans et 171 bébés de moins d’un an. Ces chiffres représentent une augmentation de 30% depuis 2022 pour l’ensemble des enfants et de 37% pour les enfants de moins de trois ans.
Les associations prévoient de déposer un mémoire en réplique à la réponse de l'État et continuent de plaider pour une meilleure prise en charge des personnes sans abri et une augmentation des moyens alloués à l'hébergement d'urgence.
