Imaginez un peu : des motos qui slaloment entre les voitures, des minibus multicolores qui klaxonnent à tout va, et au milieu de tout ça, des piétons qui tentent désespérément de traverser la route. Bienvenue à Nairobi, où le chaos routier a atteint des sommets.
Depuis la fin de la pandémie, les boda boda, ces motos-taxis omniprésentes, ont envahi les rues kényanes. Mais leur popularité cache une réalité bien plus sombre. Comme le rapporte nos confrères de Courrier International, ces deux-roues sont désormais associés à la peur, au chaos et même à la criminalité.
Des motos-taxis accusées de tous les maux
Partout dans le pays, les conducteurs de boda boda sont pointés du doigt. Conduite dangereuse, agressions contre les piétons, harcèlement des automobilistes... la liste est longue. Et le pire, c'est que ces incidents sont souvent suivis de justice populaire.
Le 23 janvier dernier, un bus a été incendié par des chauffeurs de boda boda après un accident mortel. Un cas parmi d'autres, selon Albert Karakacha, président de la Matatu Owner Association. Depuis le début de l'année 2025, pas moins de 20 bus auraient été réduits en cendres par des motards en colère.
Résultat des courses : les opérateurs de matatus, ces minibus emblématiques du Kenya, ont décidé de passer à l'action. Le 2 février, une grève hebdomadaire a paralysé une partie de Nairobi. Leur objectif ? Pousser le gouvernement à réguler un secteur qui semble échapper à tout contrôle.
Un secteur qui pèse lourd dans l'économie kényane
Difficile de croire que ces motos-taxis, souvent perçues comme une plaie, représentent pourtant plus d'un million d'emplois. Selon les chiffres relayés par la presse locale, le secteur contribuerait à hauteur de 3,4% au PIB kényan.
Autant dire que le gouvernement se retrouve dans une situation délicate. D'un côté, il y a la pression des opérateurs de matatus, de l'autre, celle des conducteurs de boda boda. Sans oublier les piétons et les automobilistes, pris en étau entre ces deux forces.
Comme le souligne un quotidien kényan, le problème va bien au-delà des simples incidents routiers. Il s'agit d'un système de maintien de l'ordre compromis, où la corruption permet à l'anarchie de prospérer en toute impunité.
Et si on prenait exemple sur le Rwanda ?
Face à ce chaos, certains journaux kényans appellent à s'inspirer de l'exemple rwandais. Là-bas, une politique de tolérance zéro a permis de bâtir une culture de la discipline routière respectée par tous.
Mais est-ce vraiment réaliste ? Le contexte est différent, et les enjeux économiques aussi. Toujours est-il que quelque chose doit changer. Car aujourd'hui, au Kenya, la sécurité routière semble être une option, et la vie humaine, une valeur facultative.
Les piétons risquent leur vie aux passages piétons, les passagers subissent agressions et menaces, et les villes suffoquent sous le poids du désordre. Jusqu'à quand ?
FAQ
Les boda boda sont devenus un moyen de transport très populaire après la pandémie de Covid-19. Ils sont rapides, économiques et permettent de se faufiler dans les embouteillages. De plus, ils représentent une source importante d'emplois dans le pays.
Les conducteurs de boda boda sont accusés de conduite dangereuse, d'agressions contre les piétons, de harcèlement des automobilistes et même de justice populaire. Ils sont également impliqués dans des vols, des agressions sexuelles et des crimes commandités, profitant de leur mobilité et de leur anonymat.
Les opérateurs de matatus appellent à une régulation plus stricte du secteur. Certains journaux kényans suggèrent de s'inspirer de l'exemple rwandais, où une politique de tolérance zéro a permis d'améliorer la discipline routière. Cependant, la mise en œuvre de telles mesures reste un défi de taille.