Un défilé qui fait grincer des dents

Ils étaient des milliers, massés autour de leurs tracteurs, à défiler dans les rues de Madrid mercredi. Une mer jaune et verte qui a envahi la capitale espagnole, sous les yeux des passants médusés. Le message ? Clair, net, et sans appel : les agriculteurs espagnols ne veulent pas de l'accord UE-Mercosur.

Pourtant, le gouvernement espagnol, lui, est plutôt chaud bouillant sur le sujet. Autant dire que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ambiance est tendue.

Un accord qui divise

Alors, pourquoi tant de colère ? L'accord UE-Mercosur, c'est ce traité de libre-échange qui vise à faciliter les échanges entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). Sur le papier, c'est beau, c'est propre, ça fait moderne.

Mais dans la réalité des champs, c'est une autre paire de manches. Les agriculteurs espagnols, eux, voient surtout arriver la concurrence déloyale. « On va se faire bouffer par les produits sud-américains », résume un manifestant. Et puis, côté prix, difficile de rivaliser avec des pays où les normes environnementales et sociales sont... disons, moins strictes.

Des chiffres qui font peur

Les chiffres, justement, ils font peur. Selon les estimations, l'accord pourrait entraîner une baisse des prix agricoles en Europe de l'ordre de 10 à 15%. Autant dire que pour les agriculteurs espagnols, c'est la porte ouverte aux importations massives de viande et de produits agricoles sud-américains.

(Et accessoirement, un vrai coup dur pour les petits producteurs locaux, déjà en difficulté.)

Le gouvernement espagnol dans le collimateur

Le gouvernement espagnol, lui, reste campé sur ses positions. Pour lui, cet accord, c'est une excellente nouvelle. « Une opportunité économique majeure », a même déclaré le Premier ministre socialiste. Sauf que voilà, les agriculteurs, eux, ne l'entendent pas de cette oreille.

Résultat des courses : une grogne qui monte, des manifestations qui s'enchaînent, et un gouvernement qui commence à sentir le vent tourner. Le truc, c'est que les agriculteurs espagnols ne sont pas les seuls à s'inquiéter. En France, en Allemagne, partout en Europe, les syndicats agricoles tirent la sonnette d'alarme.

Et après ?

Alors, que va-t-il se passer ? Difficile de dire avec certitude. L'accord UE-Mercosur est toujours en négociation, et rien n'est encore signé. Mais une chose est sûre : si les gouvernements européens veulent faire passer cet accord, ils vont devoir trouver des solutions pour rassurer les agriculteurs.

Sinon, gare aux retours de flamme. Les manifestations de mercredi à Madrid ne sont peut-être qu'un début.

Les agriculteurs espagnols craignent une concurrence déloyale de la part des pays du Mercosur, où les normes environnementales et sociales sont moins strictes. Ils redoutent une baisse des prix agricoles en Europe, qui mettrait en difficulté les petits producteurs locaux.

Le Mercosur est un bloc commercial sud-américain qui comprend le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay.

Non, l'accord UE-Mercosur est toujours en négociation. Rien n'est encore signé, mais les discussions avancent.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Cet accord est-il une opportunité économique majeure, ou une menace pour les agriculteurs européens ? Dites-le nous en commentaire !