Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, a annoncé son intention de porter à 10.000 le nombre de caméras de vidéosurveillance dans la ville s'il est réélu en mars prochain. Cette ambition s'inscrit dans un contexte où Nice compte déjà environ 5.000 caméras urbaines, ainsi que 1.800 supplémentaires installées dans les tramways et les bus, faisant de la ville l'une des plus surveillées de France.

Un objectif ambitieux pour renforcer la sécurité

Christian Estrosi, membre du parti Horizons, souhaite atteindre l'objectif d'une caméra pour 36 habitants, contre une pour 50 actuellement. « Les caméras sont un atout décisif pour juger et condamner plus vite. Nous avons 2.000 réquisitions judiciaires par an », a-t-il déclaré lors de la présentation du volet sécurité de son programme.

Anthony Borré, premier adjoint à la sécurité et très probablement reconduit en cas de victoire aux municipales, justifie cette mesure par la demande croissante des habitants. Il évoque des « angles morts » dans certains quartiers qui seraient couverts par ces nouvelles caméras, permettant de ne pas perdre la trace d'une personne aux deux extrémités de la baie des Anges.

Des questions sur l'intrusion et la vie privée

Face à ce projet, des interrogations se posent quant à l'intrusion potentielle de ces caméras. Anthony Borré répond à ces préoccupations en affirmant que « seul le délinquant a peur des caméras ». Il ajoute que « vous ne pouvez pas être surveillé jusque chez vous, dans votre salle de bains », et compare cette surveillance à d'autres technologies comme l'identification faciale ou les paiements par téléphone, qu'il juge « beaucoup plus intrusives ».

Nice est passée de 130 caméras en 2008, année de la première élection de Christian Estrosi, à près de 5.000 aujourd'hui. Si ce dernier est reconduit pour un quatrième mandat, la ville pourrait compter 10.000 caméras en 2032.

Des boutons d'alerte et un nouveau centre de supervision

La municipalité a déjà installé 1.800 « boutons d'alerte » permettant d'appeler la police et d'activer une surveillance plus précise des caméras aux alentours. Christian Estrosi envisage d'étendre cette initiative en proposant à « chaque Niçois qui le souhaite » de disposer d'un « bouton d'alerte dans sa poche » grâce à une application sur téléphone.

Une trentaine de policiers municipaux supplémentaires devraient être recrutés pour surveiller les écrans du centre de supervision urbain (CSU). Ce centre doit être transféré à la fin de l'année dans le nouvel hôtel mutualisé des polices, un équipement qui permettrait d'accompagner ce doublement du nombre de caméras. Les travaux de ce commissariat géant, en plein centre-ville, ont pris un peu de retard.

Des oppositions et des défis juridiques

Fin janvier, Christian Estrosi s'est vu retoquer concernant l'utilisation de la vidéosurveillance « algorithmique », qui permet de détecter, par exemple, un comportement suspect devant une école. La municipalité avait contesté une première décision de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), contre laquelle Christian Estrosi s'oppose avec virulence depuis plusieurs années.

Interrogé sur le sujet, Anthony Borré assure que cet outil a depuis été retiré conformément à la décision du Conseil d'État faisant suite au recours de la municipalité. Concernant les nouvelles caméras, il indique qu'une technologie française sera utilisée, alors que la mairie a pu un temps utiliser un logiciel israélien. Le coût de ce potentiel doublement des caméras n'a pas été précisé.

Des positions divergentes parmi les candidats

Éric Ciotti, député UDR allié du RN et candidat contre Christian Estrosi, propose plutôt de doubler le nombre de policiers municipaux sur le terrain et d'ajouter des caméras si nécessaire dans certains quartiers. La candidate écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, alliée avec le PS et le PC, a de son côté dénoncé « une fuite en avant technosécuritaire » et propose également davantage d'agents sur le terrain.

Perspectives et éléments à suivre

Les élections municipales de mars prochain à Nice seront donc un moment clé pour déterminer l'avenir de la vidéosurveillance dans la ville. Les positions divergentes des candidats montrent une division sur les méthodes à adopter pour assurer la sécurité des habitants. Les prochains mois seront donc décisifs pour connaître les orientations prises par la future municipalité.

Christian Estrosi justifie cette mesure par la nécessité de juger et condamner plus vite les délinquants, citant 2.000 réquisitions judiciaires par an. Il répond également à la demande des habitants et évoque la couverture des « angles morts » dans certains quartiers.

Éric Ciotti propose de doubler le nombre de policiers municipaux sur le terrain et d'ajouter des caméras si nécessaire dans certains quartiers. Juliette Chesnel-Le Roux dénonce une « fuite en avant technosécuritaire » et propose davantage d'agents sur le terrain.

Christian Estrosi a été retoqué concernant l'utilisation de la vidéosurveillance « algorithmique » par la Cnil. Il s'oppose avec virulence à cette décision depuis plusieurs années. La municipalité a dû retirer cet outil conformément à la décision du Conseil d'État.