Un coup de massue boursier
22,2 milliards d'euros. Autant dire que l'annonce de Stellantis a fait l'effet d'une bombe. Le groupe automobile, qui avait pourtant l'habitude de jouer les malins avec ses stratégies industrielles, se retrouve aujourd'hui avec un sérieux bleu à l'œil. Et le marché n'a pas apprécié : -20% en Bourse, c'est le prix à payer quand on annonce des dépréciations aussi colossales.
Le pire ? Ce n'est pas tant le montant qui choque (même si on est loin des clopinettes), mais la justification avancée. Stellantis, c'est un peu comme ce copain qui rate son examen et accuse le prof d'avoir posé des questions trop difficiles. Sauf que là, le prof, c'est la transition écologique. Et tout le monde sait qu'elle n'est pas près de s'arrêter.
L'électrique, coupable idéal ?
Alors, l'électrique, vraiment ? C'est elle la responsable de tous les maux de Stellantis ? On pourrait se demander si le groupe ne cherche pas simplement à détourner l'attention. Parce que, soyons honnêtes, quand on voit les chiffres, ça fait un peu gros.
Regardez les ventes aux États-Unis, par exemple. Le marché phare de Stellantis, celui qui devait sauver les meubles. Résultat des courses ? Anecdotiques. À peine quelques miettes face aux géants comme Tesla ou BYD. Et en Europe, même son de cloche. Les modèles qui cartonnaient il y a trois ans, comme la Peugeot e-208 ou la Fiat 500e, voient leurs ventes s'effondrer. Alors, l'électrique, vraiment ?
Le truc, c'est que Stellantis a mis tous ses œufs dans le même panier. En multipliant les modèles, le groupe a cru assurer son volume. Sauf que la qualité, elle, n'a pas suivi. Des retards, des problèmes de qualité, des prix mal calibrés... Autant dire que les clients n'ont pas été dupes.
Des choix industriels mal calibrés
Parce que, soyons clairs, l'électrification forcée n'explique pas tout. Loin de là. Stellantis a aussi des problèmes bien plus profonds. Des choix industriels mal calibrés, des paris trop ambitieux, une dépendance excessive à certains marchés... La liste est longue.
Prenez la coentreprise batterie avec LG Energy au Canada, par exemple. Présentée il y a quelques années comme un pilier stratégique, elle vient tout juste d'être abandonnée. Et la débâcle d'ACC, qui a ralenti les livraisons de nombreux véhicules en Europe, n'a pas arrangé les choses. Résultat : Stellantis se retrouve aujourd'hui à la merci de la concurrence, notamment des groupes chinois qui pourraient bien lancer une OPA.
Et puis, il y a cette question de la réglementation. Stellantis aime bien jouer les Robin des Bois, en expliquant qu'il s'engage à être une référence en matière de liberté de choix. Sauf que les objectifs de CO₂, eux, ne sont ni nouveaux, ni imprévisibles. Et d'autres constructeurs, exposés aux mêmes contraintes, affichent des dynamiques bien différentes. Volkswagen, par exemple, a su repositionner ses modèles électriques et en tirer parti. Alors, pourquoi Stellantis n'a pas réussi à faire de même ?
Et maintenant ?
Alors, où va Stellantis maintenant ? Difficile de dire avec certitude. Le groupe a annoncé un plan stratégique pour mai, mais on peut légitimement se demander s'il sera suffisant pour redresser la barre. Parce que, soyons honnêtes, les défis sont nombreux.
D'un côté, il y a la pression des marchés, qui attendent des résultats concrets. De l'autre, il y a la transition écologique, qui ne va pas s'arrêter. Et puis, il y a la concurrence, de plus en plus féroce. Bref, Stellantis a du pain sur la planche.
Une chose est sûre, en tout cas : le groupe ne peut plus se permettre de jouer les autruches. Il va falloir assumer ses choix, et vite. Parce que, dans le monde automobile d'aujourd'hui, les excuses ne suffisent plus.
Difficile à dire. Le groupe a annoncé un plan stratégique pour mai, mais il va falloir qu'il soit convaincant. Parce que, pour l'instant, les marchés n'ont pas l'air de croire au redressement.
Non, bien sûr. L'électrique n'est qu'une partie du problème. Stellantis a aussi des problèmes de qualité, de positionnement tarifaire, de choix industriels mal calibrés... Bref, la liste est longue.
Les défis sont nombreux. Il y a la pression des marchés, la transition écologique, la concurrence de plus en plus féroce... Bref, Stellantis a du pain sur la planche.