Le 13 février 2026, une enquête menée par le parquet de Paris a abouti à la mise en examen de neuf personnes dans le cadre d'une escroquerie à la billetterie du Louvre, l'une d'elles ayant été placée en détention provisoire. Cette affaire, qui implique des complicités internes au musée, a permis aux escrocs de faire entrer jusqu'à 20 groupes de touristes chinois par jour, depuis une dizaine d'années, occasionnant un préjudice estimé à plus de 10 millions d'euros pour le Louvre.

L'enquête et les faits

L'enquête a démarré en août 2024, suite à un signalement interne au musée, indiquant que des faux guides touristiques cherchaient à corrompre des personnels de caisse pour laisser passer des groupes sans contrôler leurs billets. Le Louvre a déposé plainte en décembre 2024 et a ouvert une enquête interne, qui a révélé un système rodé perpétré par un couple de guides chinois, faisant entrer des groupes de touristes en réutilisant plusieurs fois les mêmes tickets pour des personnes différentes.

Les enquêteurs de la sous-direction de la lutte contre l'immigration irrégulière (SDLII) ont mis en place des surveillances et des écoutes au sein du Louvre, permettant de repérer les complicités internes et les méthodes utilisées par les escrocs. Les investigations ont également révélé que les groupes étaient parfois « éclatés » pour éviter le paiement du « droit de parole » des guides, ou semblaient attendre à des endroits où ils n'auraient pas dû.

Les conséquences et les suites

À ce jour, deux agents de caisse du Louvre ont été interpellés et suspendus par la direction du musée. L'enquête, loin d'être terminée, pourrait encore donner lieu à de nouvelles vagues d'interpellations au sein du personnel du Louvre. Le parquet de Paris a indiqué que l'une des personnes mises en examen a été placée en détention provisoire, après avoir été mise en examen des chefs d'escroquerie réalisée en bande organisée, usage de faux, aide à l'entrée et à la circulation d'un étranger en bande organisée, corruption active, blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs.

Le Louvre, qui accueille plus de 8 millions de visiteurs par an, a déjà fait face à des fraudes dans le passé, mais cette affaire est d'une ampleur inédite. Le musée voit défiler 30 000 personnes par jour, qui doivent débourser 22 euros (32 pour les extra-européens depuis mi-janvier 2026) pour la visite, générant une billetterie annuelle de 100 millions d'euros, première source de financement du musée.

Les réactions et les perspectives

Le Louvre s'est dit satisfait de voir qu'une enquête qu'il a suscitée et à laquelle il a largement participé ait abouti. La police soupçonne par ailleurs le réseau d'avoir également sévi au château de Versailles, mais la communication du domaine n'a pas souhaité faire de déclarations. L'affaire est actuellement en cours d'enquête et les suites judiciaires sont en attente.

Il est important de noter que cette affaire met en lumière les vulnérabilités potentielles des systèmes de billetterie et de contrôle des musées et des sites touristiques, et souligne la nécessité d'une vigilance accrue pour prévenir ce type de fraude. Le Louvre, comme d'autres institutions culturelles, doit trouver un équilibre entre la sécurité et l'accueil des visiteurs, tout en veillant à protéger ses collections et ses ressources.

Le préjudice estimé pour le Louvre est de plus de 10 millions d'euros.

Neuf personnes ont été mises en examen, dont une a été placée en détention provisoire.

La billetterie annuelle, qui génère 100 millions d'euros, est la première source de financement du musée.