Un haut responsable de la junte nigérienne a exhorté la population à se préparer à un conflit armé avec la France, dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays depuis le coup d'État de juillet 2023. Cette déclaration intervient alors que les relations diplomatiques entre Niamey et Paris sont au plus bas.
Des accusations mutuelles et des tensions persistantes
Le Niger accuse régulièrement la France de vouloir déstabiliser le pays. Le chef de la junte, le général Aboudrahamane Tiani, a même désigné le président français Emmanuel Macron comme étant « le sponsor » des djihadistes de l'État islamique qui ont attaqué l'aéroport international de Niamey fin janvier 2026. Paris, de son côté, a toujours nié toute velléité de déstabilisation du Niger.
Lors d'un meeting mercredi, devant des jeunes dans un stade de Niamey, le général Amadou Ibro, chef d'état-major particulier du général Tiani, a estimé que la France allait « faire la guerre au Niger » car, selon lui, c'est la France qui serait à l'origine de « la mauvaise situation » économique dans l'Hexagone.
Une déclaration provocatrice et des réactions immédiates
« Cette mobilisation, elle est faite, elle est décrétée afin qu'on se prépare pour la guerre avec la France », a déclaré le général Ibro en français. « Sachez-le, on va entrer en guerre avec la France, on n'était pas en guerre, c'est maintenant qu'on va en guerre avec la France », a-t-il ajouté sous les applaudissements du public et les cris de « À bas la France ». La vidéo de ce discours était abondamment partagée jeudi matin sur les réseaux sociaux.
Démentis français et contexte géopolitique
« Il n'est pas question d'intervention française au Niger », a démenti le porte-parole de l'état-major français des Armées, le colonel Guillaume Vernet, estimant qu'il s'agissait « manifestement de guerre informationnelle » de la part du Niger. Le Niger a rompu ses relations avec Paris depuis le putsch de 2023 et la junte revendique une politique de souveraineté, en particulier sur ses matières premières, accusant l'ancienne puissance coloniale d'avoir pillé ses richesses.
À ce titre, la junte a nationalisé la Somaïr, une filiale du géant français de l'uranium Orano, qui a en retour engagé plusieurs procédures judiciaires. Le Niger, qui compte poursuivre à son tour Orano pour un supposé préjudice écologique, a annoncé fin 2025 son intention de mettre sur le marché international l'uranium qu'il produit.
Une cargaison de quelque 1000 tonnes de « yellow cake » (concentré d'uranium) est bloquée à l'aéroport de Niamey depuis plusieurs semaines. « Nous sommes face à des gens qui, à cause de nos biens, à cause de notre richesse, veulent coûte que coûte nous ramener à (...) ce qui a fait leur prospérité », a aussi déclaré le général Ibro, mercredi. Avant le putsch, la part de l'approvisionnement français en uranium venant du Niger n'excédait pas 20%.
Perspectives et éléments à suivre
Les déclarations du général Ibro risquent d'exacerber davantage les tensions déjà vives entre le Niger et la France. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l'évolution de cette crise diplomatique et ses éventuelles répercussions sur la stabilité régionale. Les observateurs suivront de près les réactions des deux gouvernements et les développements sur le terrain.
Le Niger accuse la France de vouloir déstabiliser le pays et désigne même le président français Emmanuel Macron comme étant « le sponsor » des djihadistes de l'État islamique qui ont attaqué l'aéroport international de Niamey fin janvier 2026.
La France a fermement démenti ces accusations. Le porte-parole de l'état-major français des Armées, le colonel Guillaume Vernet, a déclaré qu'il n'était « pas question d'intervention française au Niger » et a estimé qu'il s'agissait « manifestement de guerre informationnelle » de la part du Niger.
La crise a des implications économiques significatives, notamment dans le secteur de l'uranium. Le Niger a nationalisé la Somaïr, une filiale du géant français Orano, et a annoncé son intention de mettre sur le marché international l'uranium qu'il produit. Une cargaison de 1000 tonnes de « yellow cake » est actuellement bloquée à l'aéroport de Niamey.