Le 14 février 2026, une Tesla équipée du Full Self-Driving (FSD) a passé un examen blanc du permis de conduire à Lyon, en présence d'un moniteur d'auto-école. Cette expérience, rapportée par la chaîne YouTube LaChaineEV, vise à évaluer les capacités du système de conduite autonome de Tesla dans un cadre réglementaire strict.

Un test rigoureux sur les routes lyonnaises

Le test s'est déroulé à Saint-Priest, près de Lyon, sur les parcours officiels empruntés par les candidats au permis de conduire. L'objectif était de démontrer la maîtrise des commandes, le respect du code de la route et la gestion des risques par le FSD. Aucun parcours pré-enregistré n'a été utilisé, garantissant ainsi des conditions de test réalistes.

Une conduite fluide et adaptative

Sébastien, le moniteur servant d'examinateur, a été surpris par la fluidité de la conduite de la Tesla. Le système ne se comporte pas comme un robot rigide, mais s'adapte à l'environnement, hésite en cas de visibilité réduite et gère les priorités avec une rigueur remarquable. La voiture a même adopté un comportement social lors d'un croisement complexe avec une Renault 5 mal placée, optant pour un « croisement à l'indonésienne » en passant devant l'autre véhicule plutôt que derrière.

Selon l'examinateur, la Tesla conduit comme quelqu'un ayant son permis depuis dix ans. Elle s'adapte à l'environnement, quitte à flirter avec les limites de la légalité. L'utilisation des commandes a reçu la note maximale de 5/5, soulignant une douceur de freinage et d'accélération remarquable, même dans les ronds-points encombrés de la région lyonnaise.

Des fautes éliminatoires malgré un score honorable

Malgré un score de 20,5 points sur 31, la Tesla a commis deux fautes éliminatoires. La première concerne une intervention verbale de l'inspecteur dans un rond-point où la voiture s'insérait de manière trop autoritaire devant un autre véhicule. La seconde faute est plus classique : la Tesla a fini sa course sur une voie réservée aux bus, un grand classique des échecs au permis.

Le système a également montré ses limites face à la signalisation temporaire. À un moment du test, la voiture a ignoré un panneau « route barrée » et un sens interdit lié à des travaux, tentant de s'engager là où le passage était physiquement impossible. Elle n'a également pas réduit sa vitesse au croisement de deux intersections avec priorité à droite. « Elle est recalée », a tranché Sébastien, l'enseignant de la conduite.

Le FSD n'a pas non plus vérifié si son passager était attaché avant de démarrer, un oubli qui, s'il n'est pas éliminatoire, fait tache pour un système censé incarner la sécurité absolue.

Un système impressionnant mais perfectible

Le FSD est techniquement impressionnant, capable de lire des panneaux à messages variables et d'anticiper des trajectoires complexes. Cependant, il lui manque encore cette « conscience du risque » subtile qui permet de ralentir préventivement devant une priorité à droite sans visibilité.

La Tesla conduit bien, mais elle n'est pas encore prête à devenir une élève modèle pour l'administration française. Il est important de rappeler que ce n'est pas du niveau 3 en conduite autonome, mais l'équivalent d'un « 2.9 », une conduite supervisée qui nécessite de rester vigilant avec les mains sur le volant.

Perspectives et éléments à suivre

Cette expérience met en lumière les progrès réalisés par les systèmes de conduite autonome, tout en soulignant les défis qui restent à relever pour atteindre une autonomie complète et sécurisée. Les tests continuent de se multiplier en Europe, et il sera intéressant de suivre les évolutions futures du FSD de Tesla.

Le Full Self-Driving (FSD) est un système de conduite autonome développé par Tesla. Il est conçu pour permettre à la voiture de conduire de manière autonome dans diverses situations, en respectant le code de la route et en gérant les risques de manière adaptative.

Les niveaux d'autonomie des voitures vont de 0 à 5. Le niveau 0 correspond à une absence totale d'autonomie, tandis que le niveau 5 représente une autonomie complète sans intervention humaine. Le FSD de Tesla est actuellement classé au niveau 2.9, nécessitant une supervision humaine.

Les prochains défis pour les systèmes de conduite autonome incluent l'amélioration de la « conscience du risque », la gestion des situations complexes et imprévues, et l'obtention de l'approbation réglementaire pour une utilisation généralisée.