Chasse à courre : un cerf traumatisé, traqué jusque dans une gare !

Lors d’une chasse à courre, des veneurs et leurs chiens ont traqué un cerf jusqu’à la gare de...

Chasse à courre : un cerf traumatisé, traqué jusque dans une gare !

Le chaos dans la ville ! Malgré les risques d’accidents, un équipage de chasse à courre a décidé de poursuivre un cerf, par-delà les voies ferrées, jusqu’à la gare de Chantilly dans l’Oise. Si l’animal ainsi traqué et traumatisé a fini par rejoindre la forêt, de très nombreux passants ont été scandalisés par cette scène sordide, survenue quelques jours après un accident engendré par le passage d’une meute de chasse à courre sur une route de ce même département, aux abords de la forêt de Compiègne.

Des passants scandalisés et mis en danger

« C’est honteux ce qui se passe là ! », dénoncent des témoins profondément choqués face à la détresse de l’animal impuissant. D’autres craignent pour la sécurité publique : « Vous allez tuer des gens ! ». A ces risques inconsidérés, s’ajoute la perturbation corrélative du trafic SNCF : des dizaines de trains supprimés ou retardés, des quais bondés et des usagers entassés aux heures de pointe… en pleine crise sanitaire !

Sous l’œil effaré des passants, des agents de l’Office français de la biodiversité, mais aussi, des pompiers, gendarmes, policiers municipaux et un vétérinaire ont tenté d’endormir l’animal apeuré afin de le transporter vers la forêt. Mais dès l’injection de la première fléchette hypodermique, le cerf s’est enfuit, de lui-même, rejoindre son habitat naturel… à travers les voies ferrées. « Les chasseurs se félicitent d’avoir eu la bonté de « gracier » l’animal [NDLR : une grâce obligatoire depuis 2019], puis minimisent la situation en s’excusant d’avoir provoqué de simples « retards de train », déplore l’association AVA Chantilly. N’oublions pas que ce cerf aurait été abattu si cette même scène s’était déroulée en forêt. C’est parce qu’il s’est réfugié là où la barbarie n’est plus tolérée qu’il a trouvé son salut. Cette chasse dangereuse et cruelle doit cesser, et vite ! ». « Il est quand même anormal qu’une chasse se termine quasiment en centre-ville », concède, de son côté, Isabelle Wojtowiez, maire de Chantilly (Oise Hebdo).

Des incidents liés à la chasse à courre toujours plus nombreux

 

 Il est anormal qu’une chasse se termine en centre-ville.

Isabelle Wojtowiez, maire de Chantilly.

En septembre 2020, un cerf poursuivi par un équipage de chasse à courre avait également tenté de trouver refuge en zone urbanisée, dans ce même département. Les images révélant l’animal effrayé, exténué, la langue pendante, avaient suscité l’indignation sur les réseaux. Heureusement, grâce à la mobilisation des riverains et des militants, le cervidé avait pu s’enfuir, sain et sauf. « Mais s’il n’y avait pas eu de témoin, l’animal aurait sans doute été tué », avait alors fustigé la porte-parole d’AVA, Léa Le Faucheur, contactée par 30millionsdamis.fr.

Pour remédier à ces dérives, le maire de Pont Sainte Maxence avait, en 2018, adopté un arrêté interdisant, non seulement la chasse à courre aux abords des habitations – à l’instar du décret du 25 février 2019 – mais aussi le franchissement, par les veneurs, du domaine public routier communal lors de cette chasse. Un deuxième point malheureusement censuré par le juge administratif en 2020 (TA d’Amiens, 6 mars 2020, n°1701168).

La Fondation 30 Millions d’Amis réitère auprès de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili sa demande tendant à abolir la chasse à courre. Une abolition également préconisée par le référendum d’initiative populaire pour les animauxalors que 76% des Français s’opposent à cette pratique cruelle (Baromètre Fondation 30 Millions d’Amis/ Ifop, 2020). Sa pétition, reprise sur le site de l'Assemblée Nationale, a recueilli près de 250 000 signatures.