Selon nos confrères de Futura Sciences, une étude inédite du Muséum national d'Histoire naturelle, publiée le 9 mars 2026, révèle que 1,7 million d'animaux sont tués chaque année en France dans le but de réduire les dégâts qu'ils causent, notamment aux cultures. Cette politique, qui coûte entre 103 et 123 millions d'euros par an, est considérée comme coûteuse et inefficace.
Les animaux concernés, tels que les renards, les corneilles, les fouines et les pies, sont considérés comme des « espèces susceptibles d'occasionner des dégâts » (Esod) et sont autorisés à être tués tout au long de l'année. Cependant, aucune étude n'avait évalué jusqu'à présent l'efficacité ni le coût de ces abattages.
Ce qu'il faut retenir
- 1,7 million d'animaux sont tués chaque année en France pour réduire les dégâts qu'ils causent.
- La politique d'abattage coûte entre 103 et 123 millions d'euros par an.
- L'étude du Muséum national d'Histoire naturelle révèle que cette politique est inefficace et ne permet pas de réduire les dommages constatés par les agriculteurs ou les particuliers.
Le contexte de la politique d'abattage
La politique d'abattage des espèces considérées comme nuisibles est mise en place pour protéger les cultures et les élevages. Cependant, les associations de défense des animaux, telles que la Fondation 30 Millions d'Amis, dénoncent régulièrement cette pratique, estimant qu'elle est injustifiée et cruelle.
Les animaux concernés sont choisis à la suite de la déclaration d'agriculteurs et de particuliers qui constatent des dégâts chez eux et estiment quel animal pourrait en être responsable. Cependant, aucun contrôle n'est effectué pour vérifier si les animaux abattus sont réellement responsables des dégâts.
En 2024, un rapport de l'Inspection générale de l'Environnement et du Développement durable préconisait « une refonte de l'approche française » et invitait à se passer de l'arrêté Esod en 2026. Une nouvelle liste d'animaux « nuisibles » est attendue avant l'été.
L'inefficacité de la politique d'abattage
L'étude du Muséum national d'Histoire naturelle démontre que les abattages d'animaux dits nuisibles ne permettent pas de réduire les dommages constatés par les agriculteurs ou les particuliers l'année suivante. De plus, l'abattage ne permet pas non plus de réduire le coût des dommages en question.
Les résultats de l'étude sont basés sur des données statistiques officielles compilées pendant sept ans, de 2015 à 2022. Ils montrent que tuer ces animaux ne permet pas de réduire les dommages constatés et ne réduit pas non plus le coût des dommages en question.
En outre, chez cinq espèces d'oiseaux étudiées, l'abattage ne permet pas non plus de réduire la population. Et, inversement, tuer moins d'animaux ou ne pas en tuer du tout ne conduit pas à une augmentation des dégâts constatés.
Les enjeux de la politique d'abattage
La politique d'abattage des espèces considérées comme nuisibles soulève des enjeux importants en termes de biodiversité et de protection de l'environnement. Les animaux concernés jouent un rôle essentiel dans l'écosystème et leur disparition pourrait avoir des conséquences graves sur l'environnement.
De plus, la politique d'abattage coûte cher et pourrait être considérée comme un gaspillage de ressources. Il est donc important de réévaluer cette politique et de considérer des alternatives plus efficaces et plus respectueuses de l'environnement.
En conclusion, la politique d'abattage des espèces considérées comme nuisibles en France est coûteuse et inefficace. Il est important de réévaluer cette politique et de considérer des alternatives plus efficaces et plus respectueuses de l'environnement.
