Le 28 février 2002, une foule de fanatiques a déchaîné sa fureur dans les quartiers musulmans d’Ahmedabad, dans le nord-ouest de l’Inde, faisant de nombreuses victimes, selon Le Monde. Cette vague de violence a eu lieu après l’incendie du wagon d’un train dans lequel 59 militants nationalistes hindous avaient trouvé la mort. L’actuel premier ministre indien, Narendra Modi, qui dirigeait alors le Gujarat, avait contribué à l’échauffement des esprits en pointant la responsabilité de la communauté musulmane.
Ce drame a laissé des cicatrices profondes dans la communauté musulmane de la ville, notamment à la Gulbarg Society, une résidence musulmane enclavée dans un quartier hindou. Depuis vingt-quatre ans, le temps s’est arrêté ici, avec des immeubles noircis, des portes et des fenêtres manquantes, et une végétation qui envahit l’espace. Seuls deux habitants, Rafiq Mansuri et son père, sont restés, ayant refusé de quitter les lieux et ayant reconstruit un logement au milieu des décombres.
Ce qu'il faut retenir
- Le 28 février 2002, une foule de fanatiques a attaqué les quartiers musulmans d’Ahmedabad.
- 59 militants nationalistes hindous avaient trouvé la mort dans l’incendie du wagon d’un train la veille.
- Narendra Modi, l’actuel premier ministre indien, avait contribué à l’échauffement des esprits en pointant la responsabilité de la communauté musulmane.
- La Gulbarg Society, une résidence musulmane, a été particulièrement touchée, avec seulement deux habitants restants.
- Rafiq Mansuri, l’un des habitants, a perdu 19 membres de sa famille, dont sa mère, sa femme et son nourrisson de 5 mois.
Un passé marqué par la violence
La violence qui a éclaté en 2002 n’était pas un événement isolé, mais plutôt le point culminant de tensions croissantes entre les communautés hindoue et musulmane dans la région. Les musulmans, qui représentent une minorité significative dans le Gujarat, ont souvent été victimes de discriminations et de violences.
D’après Le Monde, la Gulbarg Society était un exemple de cohabitation pacifique entre hindous et musulmans avant les événements de 2002. Cependant, depuis, la séparation entre les deux communautés s’est accentuée, avec de nombreux musulmans ayant fui les quartiers mixtes pour se réfugier dans des ghettos comme Juhapura.
Les conséquences à long terme
Les conséquences de la violence de 2002 sont encore visibles aujourd’hui, avec de nombreux musulmans ayant perdu leurs biens, leurs maisons et leurs moyens de subsistance. La communauté musulmane a également subi un trauma profond, avec de nombreuses personnes ayant développé des problèmes de santé mentale et des difficultés à se réinsérer dans la société.
Comme le rapporte Le Monde, Rafiq Mansuri, qui a perdu 19 membres de sa famille, vit « dans la terreur » depuis les événements de 2002. Il a échappé de peu au massacre, mais sa mère, sa femme et son nourrisson de 5 mois ont été assassinés. Il s’est remarié et a eu trois enfants, mais les cicatrices du passé restent profondes.
La situation actuelle
Aujourd’hui, la situation dans le Gujarat reste tendue, avec des tensions persistantes entre les communautés hindoue et musulmane. Les musulmans continuent de faire face à des discriminations et à des violences, et de nombreux ont perdu confiance dans les institutions et dans la justice.
Malgré ces défis, il y a des efforts en cours pour promouvoir la réconciliation et la cohabitation pacifique entre les communautés. Des organisations de la société civile et des leaders religieux travaillent à promouvoir le dialogue et la compréhension mutuelle, et à soutenir les victimes de la violence.
En conclusion, les événements de 2002 à Ahmedabad ont laissé des cicatrices profondes dans la communauté musulmane et ont accentué les tensions entre les communautés hindoue et musulmane. Cependant, avec des efforts soutenus pour promouvoir la compréhension mutuelle et la cohabitation pacifique, il est possible de bâtir un avenir plus paisible et plus inclusif pour toutes les communautés de la région.
