Imaginez un lieu où l’on vieillit librement, entourée de sœurs de cœur. À Montréal, c’est devenu réalité. Une communauté de femmes lesbiennes, âgées de 55 à 82 ans, a concrétisé un rêve fou : vivre ensemble leurs vieux jours, sous le même toit. Leur nom ? La Maison des RebElles.
Un rêve partagé
Tout a commencé par une envie simple : ne pas finir seule. « On se connaît depuis des années, explique Marie, 68 ans. Autant dire que l’idée de se retrouver dans un EHPAD traditionnel nous faisait peur. » Résultat des courses : elles ont décidé de prendre leur destin en main.
Le projet a pris forme en 2024. Aujourd’hui, la Maison des RebElles accueille une dizaine de résidentes. Un chiffre qui pourrait doubler d’ici deux ans, selon nos confrères de Le Monde.
Leur quotidien ? Des activités partagées, des repas en commun, et surtout, une liberté de vivre leur sexualité sans complexe. « Ici, on ne nous regarde pas de travers si on s’embrasse », confie Jeanne, 72 ans.
Un modèle unique
La Maison des RebElles n’est pas qu’un simple logement. C’est un véritable projet de vie. Les résidentes participent aux décisions, organisent des ateliers, et accueillent même des jeunes pour des discussions intergénérationnelles.
Le modèle est si innovant qu’il attire l’attention. « On reçoit des demandes de partout au Québec, voire du reste du Canada », révèle une des fondatrices. Difficile de dire avec certitude si le concept se reproduira ailleurs, mais l’idée fait son chemin.
Autre chose : la Maison des RebElles n’est pas un lieu clos. Les résidentes sortent, voyagent, et gardent un lien fort avec la communauté LGBT+ montréalaise. « On n’est pas des recluses, on est des femmes actives », insiste Marie.
Les défis
Bien sûr, tout n’est pas rose. Financer un tel projet n’est pas une sinécure. Les subventions sont rares, et les coûts de construction ont explosé ces dernières années. « On a dû faire des choix, avoue Jeanne. Par exemple, on a renoncé à une piscine pour privilégier un jardin partagé. »
Et puis, il y a la question de l’âge. « Certaines résidentes ont des problèmes de santé, explique une des soignantes. Il faut s’adapter en permanence. » Mais malgré ces défis, l’ambiance reste joyeuse. « Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas », rigole Marie.
Bref, la Maison des RebElles est bien plus qu’un lieu de vie. C’est une révolution douce, un modèle qui pourrait bien inspirer d’autres communautés.
Et demain ?
La question qui se pose maintenant : ce modèle est-il reproductible ? « On y croit, affirme Marie. Mais il faut du temps, des moyens, et surtout, une volonté politique. »
En attendant, la Maison des RebElles continue de grandir. Et si vous passez par Montréal, pourquoi ne pas leur rendre visite ? Elles seront ravies de vous accueillir.
Le financement repose sur un mélange de subventions publiques, de dons privés et de contributions des résidentes elles-mêmes. Un défi de taille, mais qui montre la détermination du groupe.
Ateliers artistiques, discussions intergénérationnelles, sorties culturelles… La Maison des RebElles propose un programme varié pour garder un esprit jeune et dynamique.
