Depuis plus d’un an, la paisible commune de Lucenay, nichée entre Lyon et Villefranche-sur-Saône dans le Beaujolais, est secouée par une affaire d’abus sexuels impliquant 34 enfants, tous scolarisés dans l’école communale. Un père de famille du village, Romain G., a été mis en examen à deux reprises pour ces faits : une première fois en 2025 pour des viols sur trois jeunes garçons, puis à nouveau le 10 avril 2026 après la découverte de 31 nouvelles victimes, portant le total à 34 mineurs concernés. Selon Le Figaro, ces agressions se seraient déroulées entre 2020 et 2024, principalement au domicile du suspect, où les enfants étaient attirés à l’occasion d’anniversaires ou de soirées pyjamas.
Ce qu'il faut retenir
- 34 enfants victimes, tous des garçons âgés de 3 à 9 ans, scolarisés à l’école Robert-Doisneau de Lucenay.
- Romain G., un père de famille du village, mis en examen en 2025 puis à nouveau le 10 avril 2026 pour ces faits.
- Les agressions se seraient produites entre 2020 et 2024, souvent lors d’invitations à domicile (anniversaires, soirées pyjamas).
- L’affaire est connue de tous à Lucenay depuis un an, l’émotion ayant laissé place à une « colère froide ».
- Une camionnette de gendarmerie stationne désormais devant l’école, rappelant la gravité des accusations.
Dès l’entrée dans l’école Robert-Doisneau, le contraste est saisissant. Sous un soleil printanier, des enfants jouent et rient comme si de rien n’était. Pourtant, une camionnette de gendarmerie stationnée devant l’établissement rappelle la réalité d’une affaire qui a ébranlé la commune. « Quand quelqu’un propose une soirée pyjama, ce qui devrait être parfaitement anodin, tout le monde fait gaffe maintenant », a déclaré un père de famille de Lucenay, sous couvert d’anonymat. Depuis un an, l’affaire est sur toutes les lèvres dans ce village de 2 000 habitants, où l’émotion initiale a cédé la place à une indignation tenace.
Les victimes, toutes des garçons âgés de trois à neuf ans, fréquentaient la même école communale. Selon les informations du parquet de Villefranche-sur-Saône, reprises par Le Figaro, Romain G. attirait ses victimes à son domicile sous divers prétextes. Les autorités judiciaires ont confirmé que les agressions s’étalaient sur une période de quatre ans, entre 2020 et 2024. Les enquêteurs ont reconstitué le modus operandi du suspect : des invitations lancées à des enfants, souvent accompagnées d’un de leurs parents, avant que ces derniers ne deviennent les victimes de viols répétés.
« Les enfants étaient attirés à l’occasion d’anniversaires ou de soirées pyjamas. Le suspect profitait de la confiance des familles pour passer à l’acte. »
L’affaire a pris une nouvelle dimension en avril 2026, lorsque le parquet de Villefranche-sur-Saône a annoncé la mise en examen de Romain G. pour 31 nouvelles victimes, portant le total à 34. Cette révélation, confirmée par Le Figaro et initialement rapportée par Le Monde, a plongé la commune dans un état de sidération. Les familles des victimes, pour la plupart des habitants de Lucenay, sont désormais sous le choc. Plusieurs parents ont exprimé leur colère face à l’absence de signes avant-coureurs, soulignant que leur confiance avait été trahie.
Sur place, les habitants évoquent un climat de méfiance accru. « Autant dire que la vie au village a changé », confie un témoin. « Les parents surveillent désormais leurs enfants comme jamais auparavant. » Les soirées pyjamas, autrefois anodines, sont désormais perçues avec suspicion. Les autorités locales, quant à elles, restent discrètes, se contentant de confirmer la présence de la gendarmerie sur place pour « des raisons de sécurité ».
Cette affaire soulève à nouveau la question de la protection des mineurs dans les milieux ruraux, où la confiance entre voisins et la proximité des familles peuvent parfois faciliter la commission d’infractions. À Lucenay, comme ailleurs en France, la révélation de tels agissements rappelle l’importance d’un signalement précoce et d’une vigilance constante. Les prochaines semaines seront déterminantes pour comprendre l’ampleur des faits et les mesures à mettre en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.
Romain G. est actuellement en détention provisoire. Son procès devrait se tenir d’ici la fin de l’année 2026, une fois les expertises et auditions complémentaires réalisées. La date exacte n’a pas encore été fixée par le parquet de Villefranche-sur-Saône.
À ce stade, aucune mesure spécifique n’a été annoncée par la mairie. Les associations de protection de l’enfance appellent en revanche à un renforcement des contrôles dans les milieux associatifs et éducatifs locaux. La gendarmerie, présente devant l’école, maintient une surveillance accrue.