Le 8 avril prochain, une décision de justice sera rendue pour confirmer ou rejeter un non-lieu qui fait débat parmi les spécialistes du génocide des Tutsi et des crimes contre l'humanité. Ce non-lieu du 20 août 2025 vise à clôturer une enquête ouverte il y a dix-sept ans contre Agathe Kanziga, veuve de Juvénal Habyarimana, ancien président rwandais. Elle est accusée de 'participation à une entente en vue de commettre un génocide et des crimes contre l'humanité, complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité'.

Le parquet a immédiatement interjeté appel contre ce non-lieu, tout comme les parties civiles. En effet, Agathe Kanziga, qualifiée de 'victime' par l'ordonnance, est présentée par les historiens, experts et enquêteurs comme une extrémiste hutu au rôle ambigu mais avéré. Ce non-lieu, en ignorant les preuves et le travail des historiens sur le dernier génocide du XXe siècle, ouvre la voie à une possible validation d'une 'vérité alternative' par l'appareil judiciaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le non-lieu dans l'affaire Agathe Habyarimana suscite la controverse parmi les spécialistes du génocide des Tutsi.
  • Le parquet et les parties civiles ont fait appel du non-lieu, considérant qu'Agathe Kanziga, mise en cause, est en réalité une extrémiste hutu.
  • Ce non-lieu pourrait remettre en cause la reconnaissance des faits établis par les historiens sur le génocide rwandais.

Trois jours après l'attentat du 6 avril 1994 qui a coûté la vie à son mari, Agathe Kanziga a été évacuée de Kigali sur ordre de François Mitterrand, président français à l'époque. Son rôle en tant que première dame du Rwanda était déjà documenté, les rapports diplomatiques soulignant son influence néfaste sur le président Habyarimana. Mitterrand lui-même, proche du pouvoir rwandais, a exprimé des doutes sur ses intentions, la qualifiant d'instigatrice potentielle de massacres via des radios.

Et maintenant ?

La décision de justice à venir le 8 avril devrait clarifier la situation autour du non-lieu dans l'affaire Agathe Habyarimana, mais les implications de cette affaire pourraient perdurer et nourrir le débat sur le génocide des Tutsi au Rwanda.