Les avocats de Vincent Bolloré ont exprimé leur scepticisme quant à la possibilité d'un procès équitable après que l'homme d'affaires breton ait été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des "ports africains". Cette affaire, initiée en 2013, met en cause le groupe Bolloré pour avoir potentiellement utilisé les services de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) afin d'obtenir frauduleusement la gestion des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée) au profit de sa filiale Bolloré Africa Logistics.

Les avocats de Vincent Bolloré, Céline Astolfe et Olivier Baratelli, ont réagi en annonçant faire appel de la décision des juges pour des raisons procédurales. Ils ont également souligné que les opérations en question remontaient à plus de 15 ans et étaient des pratiques courantes entre les groupes Bolloré et Havas, sans que M. Bolloré en ait eu connaissance. Ces opérations avaient été régulièrement comptabilisées, selon les avocats de l'homme d'affaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Les avocats de Vincent Bolloré remettent en question la possibilité d'un procès équitable dans l'affaire des "ports africains"
  • Le groupe Bolloré est soupçonné d'avoir obtenu la gestion des ports de Lomé et Conakry de manière frauduleuse
  • Des juges ont ordonné un procès pour corruption d'agent public étranger et complicité d'abus de confiance à l'encontre de Vincent Bolloré

Lors d'une audience en février 2021, Vincent Bolloré, le directeur général du groupe à l'époque Gilles Alix et le directeur international chez Havas Jean-Philippe Dorent, avaient plaidé coupables et accepté une amende de 375 000 euros. Cependant, cette reconnaissance de culpabilité n'avait pas été homologuée par la juge Isabelle Prévost-Desprez, ce qui avait entraîné le renvoi du dossier à l'instruction. Une convention judiciaire d'intérêt public avait été conclue avec le groupe Bolloré, qui avait payé une amende de 12 millions d'euros en échange de l'abandon des poursuites.

Les avocats de Vincent Bolloré estiment que le refus d'homologation de sa comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité a porté atteinte à sa présomption d'innocence, rendant ainsi impossible la tenue d'un procès équitable. Un recours a été formé devant la Cour européenne des droits de l'homme à ce sujet.

Et maintenant ?

Le dossier de l'affaire des "ports africains" continue d'évoluer, avec le recours devant la Cour européenne des droits de l'homme. Les prochaines décisions judiciaires pourraient influencer le déroulement futur de cette affaire.