Imaginez. Vous avez faim. Vos enfants ont faim. Et la seule aide disponible vous est proposée avec une contrepartie ignoble. C'est le cauchemar quotidien de milliers de femmes afghanes sous le régime taliban.
Depuis la prise de pouvoir en 2021, la situation des femmes en Afghanistan ne cesse de se dégrader. Exclues du marché du travail officiel, privées de leurs droits les plus élémentaires, certaines sont aujourd'hui contraintes à des choix impossibles. Comme Laila, 29 ans, mère de trois enfants.
Des femmes réduites à mendier
Quand Laila a perdu son mari, soldat tué pendant la guerre, elle a dû se débrouiller seule. Cuisinière, femme de ménage... jusqu'à ce que les talibans lui retirent même ces maigres revenus. (D'après nos confrères de Rukhshana Media)
Alors, comme des milliers d'autres, elle a tenté de demander de l'aide. Officiellement, il suffit de remplir un formulaire et de le faire tamponner par l'imam local ou un leader communautaire, le wakil guzar. Sauf que...
Le wakil guzar en question, un homme influent dans la communauté, a une réputation. Il aime discuter en privé avec les femmes qui viennent le voir. Et le jour où Laila s'est présentée, il a profité de la situation. « Il s'est rapproché, il a commencé à me tripoter », raconte-t-elle, encore sous le choc.
Un système qui légitime l'abus
Le problème, c'est que ces cas ne sont pas isolés. Autant dire que le système en place favorise ces abus. Les femmes, déjà vulnérables, doivent souvent s'adresser à des hommes en position d'autorité pour obtenir de l'aide. Et ces hommes en profitent.
Difficile de savoir combien de femmes ont été victimes de ce chantage. Les témoignages sont rares, par peur des représailles. Mais selon les informations de Rukhshana Media, le phénomène serait répandu. « On pourrait se demander si les talibans ferment les yeux », s'interroge une source proche du dossier.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le régime taliban ne fait rien pour protéger les femmes. Bien au contraire. Résultat des courses : les violences sexuelles, déjà fréquentes sous le précédent gouvernement, ont explosé depuis 2021.
Des solutions ? Aucune en vue
Alors, que faire ? Pour l'instant, rien. Les ONG internationales sont peu présentes sur le terrain, et celles qui tentent d'aider les femmes afghanes le font dans la clandestinité. Quant au gouvernement taliban, il nie tout problème.
Pourtant, les besoins sont immenses. Selon l'ONU, près de 20 millions d'Afghans souffrent de la faim. Et parmi eux, des milliers de femmes et d'enfants qui n'ont d'autre choix que de se soumettre à ces chantages.
Bref, la situation est désespérante. Et sans intervention internationale, elle risque de s'aggraver encore.
Le truc, c'est que l'Afghanistan n'est plus vraiment dans les radars médiatiques. Pourtant, la crise humanitaire y est pire que jamais. Et les femmes en paient le prix fort.
Et après ?
Alors, que peut-on faire ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : ignorer la situation ne fera pas avancer les choses. Il faut en parler, alerter l'opinion publique, faire pression sur les gouvernements pour qu'ils agissent.
Parce que des femmes comme Laila méritent mieux que de devoir choisir entre mourir de faim et subir des violences sexuelles.
Les talibans nient toute responsabilité dans ces abus. Selon eux, les femmes afghanes sont protégées par la charia. Mais en réalité, leur interprétation rigide de l'islam sert souvent à justifier la répression et les violences faites aux femmes.
Plusieurs ONG travaillent dans l'ombre pour soutenir les femmes afghanes. Mais elles ont besoin de plus de moyens et de soutien international. Les gouvernements doivent aussi faire pression sur les talibans pour qu'ils respectent les droits fondamentaux des femmes.
