D'après nos confrères de Capital, Air France a annoncé la fin de ses navettes depuis l'aéroport Paris-Orly vers Nice, Toulouse et Marseille, à compter du 29 mars. Cette décision stratégique de la compagnie aérienne vise à se concentrer sur l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. La clientèle habituée de ces liaisons, largement professionnelle, est considérée comme précieuse pour l'aéroport d'Orly, ce qui pousse deux autres compagnies, Transavia et EasyJet, à tenter de capter une partie de ce marché.
Ce qu'il faut retenir
- Air France cessera ses navettes à Orly à partir du 29 mars.
- Transavia et EasyJet tentent de récupérer les clients d'Air France.
- La clientèle professionnelle est un enjeu majeur pour ces compagnies.
Contexte et historique
Le marché des liaisons intérieures en France est actuellement fragilisé, en partie en raison de la concurrence accrue des TGV, qui ont entraîné une baisse du trafic aérien. Selon des chiffres récents, le trafic aérien a baissé de 14,9 % vers Nice, de 35,9 % vers Toulouse et de 28,2 % vers Marseille. Cette tendance oblige les compagnies aériennes à adapter leur stratégie pour maintenir leur part de marché.
La décision d'Air France de se concentrer sur Roissy-Charles de Gaulle s'inscrit dans cette logique de recentrage et d'optimisation de ses ressources. Cependant, cette décision laisse un espace que d'autres compagnies sont prêtes à occuper, notamment Transavia, filiale low-cost d'Air France, et EasyJet, qui ont déjà commencé à proposer des alternatives aux anciennes liaisons d'Air France.
Faits actuels et réactions
Transavia a annoncé qu'elle prendra le relais de la liaison vers Nice et Toulouse, à raison de huit vols par jour, et vers Marseille pour deux vols par jour, à partir du 29 mars. EasyJet, de son côté, propose un nombre de vols par jour proche de son concurrent, avec jusqu'à neuf liaisons Orly-Nice et sept Orly-Toulouse par jour, sans toutefois desservir Marseille.
EasyJet tente également d'attirer la clientèle fidèle d'Air France en proposant une réduction de 50 % sur son abonnement annuel EasyJet Plus pour les clients venant du programme FlyingBlue ou détenteurs de cartes Air France. La compagnie mise ainsi sur la flexibilité et les avantages tels que l'embarquement prioritaire et la possibilité d'un bagage cabine inclus pour convaincre les clients.
Enjeux et analyse
L'enjeu de cette bataille pour la clientèle est considérable, notamment en termes de parts de marché et de revenus. La clientèle professionnelle, qui représente une majorité des vols entre Paris, Toulouse, Nice et Marseille, est particulièrement attractive. EasyJet espère ainsi capter une partie de ce marché, estimé à 38 à 47 % de ses vols.
La stratégie de Transavia, quant à elle, repose sur la souplesse et la flexibilité, avec son « tarif Max » qui permet aux clients de modifier leur vol jusqu'à une heure avant le départ. La compagnie promet également un accès plus simple à l'embarquement à Orly, avec un parcours et un salon dédiés.
En conclusion, le retrait d'Air France de l'aéroport d'Orly ouvre une nouvelle ère de concurrence sur les liaisons intérieures, avec Transavia et EasyJet prêtes à occuper l'espace laissé vacant. Les prochains mois seront déterminants pour voir comment ce marché évoluera et qui en sortira vainqueur.
Les principaux enjeux incluent la capacité à attirer et à retenir la clientèle professionnelle, à offrir des prix compétitifs et une flexibilité suffisante pour répondre aux besoins des clients, ainsi que à maintenir une part significative du marché des liaisons intérieures.
