L’actrice et réalisatrice Alexandra Lamy était l’invitée du podcast Le monde d’Élodie ce lundi 6 avril 2026, selon Franceinfo – Culture. Elle y a évoqué son rôle dans le film « Compostelle », réalisé par Yann Samuell et sorti en salles le 1er avril 2026. Alexandra Lamy y incarne Fred, une professeure sanctionnée après avoir giflé un élève, déclenchant une plainte alors qu’elle avait toujours œuvré auprès de classes difficiles. Son personnage va croiser la route d’Adam, un adolescent en rupture, qui doit choisir entre la prison ou un pèlerinage de 2 000 kilomètres sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une thématique qui résonne avec ses propres engagements associatifs et ses expériences de randonnée.
Ce qu'il faut retenir
- Alexandra Lamy joue Fred, une professeure confrontée à une plainte après un geste violent dans le film « Compostelle », sorti le 1er avril 2026.
- Son personnage accompagne Adam, un adolescent en colère, qui doit choisir entre la prison et une marche de 2 000 km sur le chemin de Compostelle.
- L’actrice souligne l’efficacité de ce type de pèlerinage comme alternative à la prison, citant un taux de récidive de 70 % pour les détenus contre l’inverse pour les participants à ce programme.
- Alexandra Lamy a tourné deux mois dans des gîtes avec Julien Le Berre, qui incarne Adam, pour incarner une relation de confiance mutuelle.
- Le film aborde des thèmes comme la reconstruction, la confiance en soi et la sororité, avec une tonalité à la fois profonde et accessible, y compris pour les enfants.
Un rôle inspiré par ses engagements et ses expériences personnelles
Dans les colonnes de Franceinfo – Culture, Alexandra Lamy a expliqué comment son rôle dans « Compostelle » s’est imposé à elle. L’actrice, connue pour son énergie dans la série culte « Un gars, une fille », a toujours privilégié des personnages plus fragiles ces dernières années. « Quand on reçoit un scénario comme ça, déjà ça s'appelle Compostelle, moi, j'adore la randonnée, donc je me disais : pas mal, je n'ai pas fait Compostelle encore ! », a-t-elle confié. Le film met en lumière un dispositif judiciaire alternatif : les condamnés à de la prison peuvent opter pour une marche de trois mois sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, accompagnée d’un mentor.
Ce choix narratif a particulièrement touché Alexandra Lamy, dont les engagements associatifs recoupent cette philosophie. L’actrice collabore notamment avec l’association Résonnantes, qui travaille avec des adolescents en difficulté, et la Maison des femmes, dont les témoignages ont nourri son interprétation. « Travailler avec l'association Résonnantes, ça m'a permis aussi de construire ce personnage de Fred dans Compostelle, puisque je travaille beaucoup aussi avec des adolescents, avec des jeunes qui viennent de foyers », a-t-elle précisé.
Une relation de confiance au cœur du récit
Le film oppose deux personnages en pleine reconstruction : Fred, une femme divorcée en quête de sens, et Adam, un adolescent violent et en rupture familiale. Leur rencontre va bouleverser leurs parcours respectifs. « Chacun se nourrit de l'autre et chacun va grandir grâce à l'autre », a expliqué l’actrice. Ce processus de reconstruction mutuelle s’inspire directement de l’expérience d’Alexandra Lamy sur le tournage. Pendant deux mois, elle a partagé des gîtes avec Julien Le Berre, l’acteur qui joue Adam. « Il me disait, ‘Tu m’as apporté beaucoup, mais lui aussi m’a apporté beaucoup’ », a-t-elle raconté. Une dynamique que le film retranscrit fidèlement, où les pèlerins se reconstruisent ensemble, loin des clichés du chemin solitaire.
Cette approche douce et profonde a marqué l’actrice. « Ce que j'aime beaucoup aussi de ce film, c'est qu'il y a beaucoup de profondeur, mais avec beaucoup de douceur. Ils ont tous finalement mal. On arrive à aborder des sujets importants, sans que ce soit trop triste ou trop dur », a-t-elle souligné. Une tonalité qui a séduit le public, y compris les plus jeunes : « Des enfants de sept ans adorent le film. On se rend compte aussi qu'on peut leur parler de plein de sujets. Si c'est doux, ça passe et ça permet aussi un peu de réfléchir. »
Une critique sociale et féministe intégrée au récit
Au-delà de l’histoire individuelle, « Compostelle » interroge aussi des enjeux sociétaux, comme la sororité et la condition des femmes. Alexandra Lamy n’a pas hésité à aborder ce sujet lors de son entretien. « Ce qui est fou, c'est que parfois, on n'a pas beaucoup de solidarité féminine. On parle de sororité chez les femmes, mais parfois, c'est très étrange ce qui se passe », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé l’urgence d’agir face à la hausse des féminicides et des violences faites aux femmes, malgré les discours. « Bien sûr, parfois les gens disent, c'est clivant. Oui, mais enfin, si on n'a pas une nana qui ne lâche pas l'affaire, les choses n'avanceraient pas. On a beau dire, mais aujourd'hui, le bilan de l'année dernière sur les féminicides et sur les violences faites aux femmes, c'est pire que les autres années. Donc excusez-moi, on en parle, mais ça n'a pas beaucoup évolué en vrai. »
Ces thèmes résonnent avec le parcours d’Alexandra Lamy, qui s’investit régulièrement auprès des associations féministes. Son personnage, Fred, incarne une femme forte mais vulnérable, dont la chute sociale illustre les difficultés rencontrées par les femmes dans une société encore inégalitaire. Un choix qui s’inscrit dans la continuité de son engagement, loin des rôles glamour qui ont marqué ses débuts.
Alexandra Lamy, qui alterne entre cinéma, télévision et engagements associatifs, devrait continuer à porter des rôles engagés. Son prochain projet, toujours dans une veine sociale, est déjà évoqué par ses proches. En attendant, « Compostelle » reste à l’affiche et propose une réflexion accessible sur la réinsertion, la confiance en soi et la solidarité.
Le chemin de Compostelle, ou chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, est un pèlerinage chrétien qui relie plusieurs itinéraires à travers l’Europe jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, où se trouve la tombe présumée de l’apôtre Jacques. Dans le film « Compostelle », le dispositif judiciaire permet à des condamnés de remplacer une peine de prison par une marche de 2 000 kilomètres sur ce chemin, accompagnée d’un mentor. L’objectif est de favoriser la reconstruction par l’effort, la rencontre et l’introspection, avec un taux de récidive bien inférieur à celui de la prison, selon les données citées dans le film.
