La Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives, créée en 2006, examine ce lundi 11 avril 2026 les dossiers des Green Angels et des Magic Fans, deux groupes ultras emblématiques de l’AS Saint-Étienne. Ces deux associations, déjà ciblées par une procédure de dissolution l’an dernier, sont à nouveau dans le viseur du ministère de l’Intérieur, cette fois pour des raisons liées à la violence entre supporters.
Ce qu'il faut retenir
- Les Green Angels et les Magic Fans, deux groupes ultras historiques de l’ASSE, sont convoqués ce 11 avril 2026 devant la Commission nationale consultative de prévention des violences sportives.
- Une procédure de dissolution avait déjà été engagée contre eux en 2025, sans aboutir. Elle a été relancée en mars 2026.
- Les motifs invoqués incluent une altercation entre supporters stéphanois et grenoblois le 14 mars 2026, ayant fait 10 blessés légers, dont deux policiers.
- L’avocat des groupes, Pierre Barthélemy, dénonce un manque de dialogue de la part des autorités et s’inquiète d’un possible remplacement des groupes dissous par des groupuscules extrémistes.
- La notification de la procédure de dissolution a été remise aux responsables des deux groupes le 31 mars 2026 à 23 heures, avec une comparution prévue deux semaines plus tard.
Selon Le Figaro, la relance de cette procédure ne serait pas directement liée à l’incident de mars, mais s’inscrirait dans un contexte plus large de tensions récurrentes autour des stades. Pierre Barthélemy, avocat de l’Association nationale des supporters (ANS), affirme que la décision aurait été prise « avant le match contre Grenoble ». Il souligne que les motifs précis de la dissolution restent flous, le ministère n’ayant pas clairement identifié les manquements des groupes.
Une procédure relancée sans explication détaillée
L’information selon laquelle les deux groupes stéphanois pourraient être dissous a été transmise le 31 mars 2026 à 23 heures, lors d’une visite des forces de l’ordre à domicile. « Ils sont venus toquer aux portes des domiciles familiaux des leaders pour leur notifier la procédure, en leur remettant le courrier de notification », a expliqué Pierre Barthélemy. Ce délai de notification, extrêmement court, s’est ajouté à la contrainte du week-end de Pâques, rendant les préparations plus difficiles pour les intéressés.
Les motifs avancés par le ministère de l’Intérieur reprennent, à « 99 % », ceux invoqués lors de la première procédure de 2025. À l’époque, la dissolution avait été évitée grâce à des engagements pris par les groupes, mais ceux-ci n’avaient jamais été clairement définis. « On essaie de deviner ce qu’ils étaient », a ironisé l’avocat, soulignant l’absence d’échanges formels avec le ministère ou la préfecture. « Il y a eu des échanges informels en commission, mais aucun avec le ministre ou la préfecture. »
L’incident de mars 2026, un élément parmi d’autres
Le 14 mars 2026, lors d’un match de Ligue 2 opposant l’AS Saint-Étienne au Grenoble Foot 38, une altercation entre supporters a fait 10 blessés légers, dont deux policiers. Selon Le Progrès, rapporté par Le Figaro, les forces de l’ordre n’auraient pas respecté le parcours initialement prévu pour le convoi de 17 bus des Magic Fans, les dirigeant directement vers les abords des Red Kaos, le groupe ultra grenoblois.
Si cet incident a ravivé les tensions, Pierre Barthélemy précise qu’il ne constitue qu’un prétexte supplémentaire dans une procédure déjà engagée. « La relance de la procédure de dissolution avait été décidée avant le match contre Grenoble », a-t-il indiqué. L’avocat s’interroge sur la pertinence des mesures envisagées, craignant que la dissolution des groupes historiques ne favorise l’émergence de groupuscules plus radicaux, échappant à tout contrôle.
Le risque d’un vide laissé aux extrémistes
« Il y a l’inquiétude qu’ils soient remplacés par des groupuscules extrémistes », a mis en garde Pierre Barthélemy. Les groupes ultras traditionnels, souvent organisés et encadrés, jouent un rôle dans la canalisation des supporters. Leur dissolution pourrait, selon l’avocat, créer un vide propice à l’émergence de mouvements plus violents et moins structurés, difficiles à identifier et à contrôler pour les autorités.
Cette crainte n’est pas isolée. Plusieurs observateurs du football français soulignent depuis des années que les dissolutions de groupes ultras s’accompagnent souvent d’une radicalisation accrue des comportements, faute d’alternatives organisées pour les supporters les plus engagés. « Le dialogue reste la solution la plus efficace pour éviter les dérives », a rappelé l’avocat, déplorant l’absence de réponses adaptées aux réalités du terrain.
En parallèle, la question du dialogue avec les supporters reste entière. Pierre Barthélemy a souligné que « le manque de réponses liées à la réalité du terrain sur les questions de violence autour des stades » persistait, malgré les alertes répétées des associations. Une situation qui, si elle n’évolue pas, pourrait aggraver les tensions dans les années à venir.
La procédure de dissolution, si elle aboutit, marquera un nouveau tournant dans la gestion des supporters en France. Entre répression et prévention, le débat reste ouvert, alors que les prochaines décisions pourraient redéfinir l’équilibre entre sécurité et liberté d’expression dans les stades.
Les motifs avancés par le ministère de l’Intérieur reprennent à 99 % ceux invoqués lors de la première procédure de 2025. Ils incluent notamment la non-tenue d’engagements pris par les groupes, bien que ceux-ci n’aient jamais été clairement définis. L’incident du 14 mars 2026, lors d’un match contre Grenoble, est également cité comme élément supplémentaire, mais il ne constitue pas la raison principale de la relance de la procédure.
