Les tensions géopolitiques actuelles pèsent de manière croissante sur les stratégies des assureurs européens, selon BFM Business. Dans une grande interview accordée ce 13 avril 2026, Nicolas Gomart, directeur général de la Matmut, décrypte les risques et les opportunités pour un secteur en pleine mutation face aux crises internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Risque géopolitique accru : les assureurs doivent désormais intégrer l’instabilité mondiale dans leurs modèles économiques, un défi particulièrement sensible pour les acteurs comme la Matmut.
- Matmut en première ligne : Nicolas Gomart, en tant que dirigeant du groupe mutualiste, incarne la réponse française à ces enjeux, avec une stratégie centrée sur la résilience.
- Adaptation des couvertures : certains segments, comme les risques climatiques ou les cybermenaces, voient leurs coûts exploser sous l’effet des crises géopolitiques.
- Contexte économique tendu : l’inflation persistante et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement compliquent encore la donne pour les assureurs.
Un secteur sous pression face aux crises mondiales
Le marché de l’assurance en France n’est plus épargné par les secousses géopolitiques qui secouent le globe. Nicolas Gomart, à la tête de la Matmut, l’un des leaders mutualistes du secteur, a longuement évoqué cette problématique lors de son passage sur BFM Business. Pour lui, la donne a radicalement changé : « Les risques ne sont plus seulement locaux ou sectoriels, mais systématiques », a-t-il souligné. Les conflits en cours, les sanctions économiques et les ruptures d’approvisionnement transforment la cartographie des menaces pour les assureurs.
La Matmut mise sur la mutualisation et l’innovation
Face à ces défis, la Matmut adopte une approche pragmatique, combinant mutualisation des risques et innovation technologique. Gomart a précisé que le groupe travaille sur des modèles prédictifs pour anticiper les chocs géopolitiques. « Nous devons être capables de réagir en temps réel aux évolutions géopolitiques, sans quoi nos couvertures deviendraient inabordables », a-t-il expliqué. Cette stratégie s’appuie aussi sur une diversification accrue des placements pour limiter l’exposition aux marchés volatils. Côté clients, l’enjeu est double : maintenir des tarifs accessibles tout en garantissant une protection renforcée.
L’impact sur les assurés et les entreprises
Les tensions géopolitiques se répercutent directement sur les contrats d’assurance. Les primes augmentent pour les secteurs les plus exposés, comme le transport maritime ou les infrastructures critiques. Gomart a rappelé que certaines zones, autrefois considérées comme stables, sont désormais classées à haut risque. « Les zones inassurables se multiplient, notamment dans les régions touchées par des conflits ou des instabilités prolongées », a-t-il indiqué. Cette situation pourrait, à terme, contraindre les pouvoirs publics à intervenir pour éviter une exclusion de certains territoires du marché de l’assurance.
Pour les particuliers, les conséquences se traduisent par des hausses de primes sur l’assurance habitation ou automobile, reflétant la montée des risques systémiques. Les entreprises, quant à elles, voient leurs coûts de couverture exploser pour les risques liés à la cybercriminalité ou aux ruptures de supply chain.
Pour Gomart, la clé réside dans la collaboration entre acteurs publics et privés. « Sans un dialogue renforcé avec l’État et les régulateurs, le risque est de voir une partie du territoire devenir inaccessible à l’assurance », a-t-il conclu. Une question qui pourrait bien devenir centrale dans les débats à venir.
Les crises géopolitiques entraînent une hausse des risques systémiques (conflits, sanctions, ruptures d’approvisionnement), rendant les couvertures plus coûteuses et complexes à souscrire. Les assureurs doivent donc réévaluer leurs modèles pour éviter des exclusions de marché ou des primes insoutenables pour les clients.
