À Athènes, une communauté autogérée de 400 habitants, dont cinquante enfants, des personnes âgées et des malades, est menacée par un projet de réhabilitation de son quartier, selon nos confrères de Le Monde. Les « Prosfygika », des immeubles ocre, tagués et délabrés, situés entre la cour d’appel d’Athènes et le siège de la police grecque, sont occupés quasi abandonnés depuis 2010 par cette communauté.
Dimos, Valentini et Suzon font partie de cette communauté qui vit dans les lieux et qui a créé un blog, Sykaprosquat, pour partager leur mode de vie et leur engagement pour la solidarité. Les bâtiments portent des slogans qui résument l’état d’esprit de la communauté : « Le langage commun, c’est la solidarité. »
Ce qu'il faut retenir
- La communauté autogérée des « Prosfygika » est menacée par un projet de réhabilitation.
- Le projet est développé par la région de l’Attique et le gouvernement grec.
- La communauté est composée de 400 habitants, dont cinquante enfants, des personnes âgées et des malades.
Le contexte historique
Les « Prosfygika » ont été construits dans les années 1930 pour accueillir les réfugiés grecs venus d’Asie Mineure. Au fil des ans, le quartier est devenu un lieu de rencontre pour les communautés marginalisées et les personnes à la recherche d’un toit. La communauté autogérée qui y vit aujourd’hui est un exemple de coexistence harmonieuse entre 27 nationalités différentes.
Le contexte historique et politique de la Grèce joue un rôle important dans la situation actuelle. Le pays a connu une crise économique et financière sévère qui a entraîné une augmentation du chômage et de la pauvreté. Les squatteurs et les communautés marginalisées ont souvent été les premiers touchés par ces difficultés.
Les enjeux
Le projet de réhabilitation des « Prosfygika » soulève plusieurs enjeux importants. Tout d’abord, il y a la question de la propriété et de l’occupation des lieux. La communauté autogérée qui y vit aujourd’hui est-elle considérée comme des squatteurs ou comme des occupants légitimes ?
Ensuite, il y a la question de la réhabilitation elle-même. Quels seront les bénéfices et les inconvénients de ce projet pour la communauté et pour le quartier ? Les habitants des « Prosfygika » seront-ils relogés ou devront-ils quitter les lieux ?
Les réactions
Pavlos Marinakis, le porte-parole du gouvernement grec, a déclaré le 16 mars lors d’une conférence de presse que « il est évident qu’il ne doit pas exister de lieux occupés illégalement et que ceux qui existent encore doivent être évacués ». Cette déclaration a suscité des réactions négatives de la part de la communauté autogérée et de ses soutiens.
Dimos, un membre de la communauté, a déclaré que « nous ne sommes pas des squatteurs, nous sommes des habitants qui ont créé une communauté solidaire et qui essayons de vivre en harmonie avec notre environnement ». La communauté a également souligné que le projet de réhabilitation ne prend pas en compte leurs besoins et leurs droits.
En conclusion, la situation des « Prosfygika » à Athènes est complexe et soulève des enjeux importants sur les droits au logement, à la ville et à la communauté. Il est essentiel de prendre en compte les besoins et les droits de la communauté autogérée et de trouver des solutions qui respectent leur mode de vie et leur engagement pour la solidarité.
Les « Prosfygika » sont des immeubles ocre, tagués et délabrés, situés entre la cour d’appel d’Athènes et le siège de la police grecque, qui abritent une communauté autogérée de 400 habitants.
Le projet de réhabilitation des « Prosfygika » est développé par la région de l’Attique et le gouvernement grec, et vise à réhabiliter le quartier et à reloger les habitants.
