Depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir en 2024, les interventions de la police britannique de l’immigration se sont intensifiées, notamment dans les établissements de restauration aux heures de pointe. Une unité moins médiatisée que son homologue américaine, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), mais tout aussi déterminée, selon un reportage publié par Courrier International, qui s’appuie sur des informations du Guardian.
Ce qu'il faut retenir
- Les raids de la police de l’immigration britannique ont fortement augmenté depuis 2024, avec une concentration particulière dans les restaurants aux heures de service.
- Cette unité, bien que moins visible que l’ICE américain, mène des opérations zélées et discrètes.
- Les travaillistes, arrivés au pouvoir la même année, ont durci les politiques migratoires, ce qui explique en partie cette escalade.
- Les cibles privilégiées sont souvent les établissements où la main-d’œuvre étrangère est employée.
Une unité moins connue mais tout aussi efficace
Moins exposée médiatiquement que l’ICE, dont les méthodes controversées aux États-Unis alimentent régulièrement les débats, la police britannique de l’immigration opère dans l’ombre. Pourtant, ses actions ne sont pas moins rigoureuses. Selon les observations rapportées par le Guardian, cette unité cible systématiquement les restaurants aux heures d’affluence, où la présence de travailleurs sans-papiers est supposée plus importante. Courrier International souligne que cette stratégie vise à maximiser les chances de détection sans alerter les établissements concernés.
Les méthodes employées rappellent celles de l’ICE, mais avec une approche plus discrète. Les raids surviennent généralement en fin de journée, lorsque les clients sont moins nombreux et que les employés sont en pleine activité. Les contrôles peuvent déboucher sur des interpellations, des placements en centre de rétention ou des procédures d’expulsion.
Un durcissement des politiques migratoires depuis 2024
L’élection des travaillistes en juillet 2024 a marqué un tournant dans la gestion de l’immigration au Royaume-Uni. Le gouvernement a adopté une ligne plus ferme, justifiée par la volonté de « reprendre le contrôle » des frontières et de lutter contre l’immigration irrégulière. Cette politique s’inscrit dans la continuité des mesures annoncées lors de la campagne électorale, qui promettait un renforcement des moyens alloués aux forces de l’ordre spécialisées.
Les chiffres disponibles, bien que partiels, confirment cette tendance. Entre 2024 et 2025, le nombre d’opérations menées par la police de l’immigration a augmenté de près de 40 % dans certaines régions, avec une concentration notable dans les grandes villes comme Londres, Manchester ou Birmingham. Les restaurateurs, souvent pris pour cible, dénoncent une pression accrue et des conséquences économiques directes, notamment en termes de pénurie de main-d’œuvre.
Des cibles précises : les restaurants et leurs employés
Les établissements visés sont majoritairement des restaurants, des cafés et des bars employant une main-d’œuvre étrangère, souvent originaire d’Europe de l’Est ou d’Asie. Les contrôles portent moins sur les clients que sur les salariés, avec des vérifications systématiques des documents d’identité et des titres de séjour. En cas d’anomalie, les employeurs peuvent être poursuivis pour emploi illégal, encourant des amendes pouvant atteindre 20 000 livres sterling (environ 23 500 euros) par travailleur non déclaré.
Selon un porte-parole de l’association Migrant Help, interrogé par le Guardian, ces raids créent un climat de peur parmi les travailleurs étrangers, même ceux en situation régulière. « Les employés hésitent à se rendre sur leur lieu de travail par crainte des contrôles », a-t-il déclaré. « Cela perturbe gravement le secteur de la restauration, déjà en tension ».
Reste à voir si cette intensification des contrôles portera ses fruits en termes de réduction de l’immigration irrégulière, ou si elle contribuera simplement à déplacer les flux vers d’autres secteurs ou régions. Une chose est sûre : la discrétion de cette unité n’a d’égale que son efficacité opérationnelle.
La principale différence réside dans leur visibilité médiatique. L’ICE américain est régulièrement pointé du doigt pour ses méthodes brutales et ses opérations spectaculaires, comme les raids dans les usines ou les centres de détention. Au Royaume-Uni, l’unité dédiée à l’immigration opère de manière plus discrète, ciblant principalement les restaurants et les employeurs, sans recourir systématiquement à des arrestations publiques. Les deux entités partagent en revanche une même détermination à traquer l’immigration irrégulière et à sanctionner les employeurs fautifs.