La Bourse de Paris affiche une performance contrastée entre les différents secteurs d’activité depuis le début de l’année 2026. Les semi-conducteurs, les télécommunications, l’énergie et les services aux collectivités enregistrent des hausses notables, tandis que le secteur de la santé peine à suivre le mouvement, selon Capital. Cette diversité de performances interroge les investisseurs sur les choix à privilégier pour un placement actions à horizon moyen terme.
Ce qu'il faut retenir
- Les semi-conducteurs, les télécommunications et l’énergie figurent parmi les secteurs les plus performants en 2026 d’après Capital.
- Guillaume Law-Yee, analyste chez Optigestion, recommande de cibler les entreprises dont les dépenses sont déjà engagées, comme celles liées à l’intelligence artificielle ou à la transition énergétique.
- Les valeurs de la défense et des technologies duales (drones, cybersécurité, satellites) sont également mises en avant pour leur potentiel.
- Les actions d’Exail Technologies et d’Exosens ont enregistré des hausses respectives de 550 % en deux ans et 91 % sur un an.
Des secteurs en tête de performance depuis le début 2026
Depuis le 1er janvier 2026, la Bourse de Paris (CAC 40) montre des disparités marquées entre les secteurs. Les semi-conducteurs, portés par des entreprises comme STMicroelectronics ou Soitec, affichent une dynamique positive. Les télécommunications (Orange, Bouygues) et l’énergie (TotalEnergies, GTT) bénéficient également d’un engouement marqué. À l’inverse, le secteur de la santé, traditionnellement considéré comme un valeur refuge, n’a pas encore trouvé son rythme en 2026, comme le rapporte Capital.
Cette hétérogénéité reflète des cycles économiques distincts. Les secteurs qui captent des dépenses déjà engagées – et non des promesses de croissance – semblent mieux positionnés. C’est notamment le cas de ceux liés à l’intelligence artificielle, où l’accent est mis sur les infrastructures plutôt que sur les usages finaux.
L’intelligence artificielle et la transition énergétique, deux piliers pour 2026
Guillaume Law-Yee, analyste chez Optigestion, insiste sur l’importance de cibler des entreprises dont les modèles économiques reposent sur des dépenses concrètes. « Il est préférable de miser sur des secteurs qui captent des dépenses déjà lancées plutôt que sur des promesses de croissance », souligne-t-il. Dans cette optique, l’intelligence artificielle (IA) apparaît comme un thème central, à condition de privilégier les briques technologiques indispensables à son déploiement : semi-conducteurs, centres de données, logiciels d’infrastructure et équipements associés.
Cependant, l’impact le plus tangible de l’IA ne se limite pas aux seules technologies. Il se mesure avant tout en termes de consommation énergétique. Guillaume Law-Yee note que « la demande d’électricité américaine doit battre des records en 2026 et 2027 », sous l’effet notamment de l’explosion des data centers et de l’électrification des usages. Cette réalité rend particulièrement attractifs les secteurs liés à la transition énergétique, notamment ceux axés sur le transport et la distribution de l’électricité.
Parmi les valeurs à surveiller, l’expert cite les utilities (services aux collectivités), les équipementiers de réseau, les composants de puissance, ainsi que certaines technologies du nucléaire de nouvelle génération. Autant dire que la transition énergétique devient, en Bourse, un thème concret et porteur, loin des généralités souvent associées aux « valeurs vertes ».
Défense, technologies duales et espace : des opportunités à saisir
Outre l’IA et la transition énergétique, Guillaume Law-Yee recommande une exposition sélective sur d’autres secteurs. Les actions de la défense et des technologies duales (civiles et militaires) figurent en tête de ses préférences. « Le marché raisonne encore souvent en termes d’armement classique, alors que la création de valeur se déplace vers les drones, le contre-drone, les capteurs, l’électronique embarquée, la cybersécurité et les logiciels », explique-t-il.
Cette orientation s’appuie sur un contexte géopolitique marqué par le réarmement européen, considéré comme durable. Les conflits récents, notamment en Ukraine, ont confirmé que l’avantage militaire repose désormais sur l’autonomie stratégique, la maîtrise des données et la résilience numérique. Une tendance qui devrait se renforcer dans les années à venir.
Enfin, l’expert suggère d’ajouter « une poche sélective sur l’espace », en privilégiant les entreprises actives dans les satellites, les équipements et les usages civils-militaires. Les paris trop binaires sur les lanceurs spatiaux, en revanche, doivent être évités, faute de visibilité suffisante.
Les performances passées de Momentum : un indicateur pour l’avenir ?
La lettre d’investissement Momentum, publiée par Capital, a su anticiper certaines tendances sectorielles en 2026. Ses recommandations ont notamment profité de l’envolée d’actions comme Exail Technologies, dont le cours a progressé de 550 % en deux ans, ou Exosens, en hausse de 91 % sur un an. Ces performances illustrent la pertinence d’une approche ciblée sur des secteurs porteurs.
Parmi les autres réussites de Momentum figurent des valeurs télécoms comme Orange et Bouygues, ainsi que des actions énergétiques comme TotalEnergies. Cette dernière, recommandée à l’achat dès cette année, a vu son cours s’envoler avant même l’impact de la guerre avec l’Iran sur les prix du pétrole. Ces exemples montrent l’importance d’une analyse fine, combinant analyse technique, financière et économique.
Pour les investisseurs souhaitant suivre cette approche, Momentum propose une newsletter quotidienne avec des analyses techniques sur le CAC 40, des recommandations d’achat et de vente, ainsi que des objectifs de cours définis. Un abonnement annuel permet de bénéficier de cinq mois offerts.
Ces choix d’investissement reposent sur une analyse à moyen terme, mais leur succès dépendra de l’évolution des cycles économiques, des politiques monétaires et des tensions géopolitiques. Les investisseurs devront donc surveiller de près les indicateurs conjoncturels et les annonces des banques centrales, notamment en Europe et aux États-Unis.
Les secteurs comme les semi-conducteurs ou l’énergie restent sensibles aux fluctuations des cycles économiques et aux tensions géopolitiques. Les valorisations élevées de certaines actions technologiques pourraient également être un facteur de risque en cas de retournement de marché. Une diversification reste donc recommandée.