Le gouvernement burkinabè a vivement réagi, le 5 avril 2026, au rapport de 250 pages publié trois jours plus tôt par l’ONG Human Rights Watch (HRW), le qualifiant de « faux rapport », de « tissu de conjectures » et de « récits imaginaires et fantasmés ». Dans un communiqué relayé par Burkina24, Ouagadougou a dénoncé un document « qui trouve un écho favorable dans les médias mensongers », accusant la coalition de forces hostiles au pays de propager une « haine viscérale » contre la lutte du peuple burkinabè pour sa liberté et sa souveraineté.
Ce rapport, intitulé « Personne ne pourra s’échapper : crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par tous les camps au Burkina Faso », documente des exactions commises entre janvier 2023 et août 2025 par les deux principaux belligérants du conflit qui déchire le pays depuis la fin 2016. D’un côté, les forces armées burkinabè, soutenues par leurs supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). De l’autre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, principal groupe djihadiste actif au Burkina Faso.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement burkinabè qualifie le rapport de HRW de « faux » et de « tissu de conjectures » dans un communiqué publié le 5 avril 2026.
- Le rapport de HRW, d’une longueur de 250 pages, couvre la période de janvier 2023 à août 2025.
- Les exactions documentées impliquent les forces armées burkinabè et leurs supplétifs (VDP), ainsi que le groupe djihadiste GSIM, affilié à Al-Qaïda.
- Ouagadougou accuse une « coalition des forces des ténèbres » de propager une haine visant à discréditer sa lutte pour la souveraineté.
- Le communiqué appelle à une enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur les allégations formulées.
Un rapport accablant sur les exactions commises dans un contexte de conflit prolongé
Selon Human Rights Watch, le conflit opposant les forces loyalistes aux groupes armés djihadistes au Burkina Faso a entraîné des violations graves des droits humains de la part de toutes les parties. Le rapport détaille des cas de meurtres, de tortures, de violences sexuelles et de déplacements forcés de populations civiles. Ces exactions, précise l’ONG, visent indistinctement des villages, des marchés ou des axes routiers, sans distinction entre civils et combattants.
Le document s’appuie sur des témoignages, des analyses d’images satellites et des données collectées auprès d’ONG locales et d’organisations internationales. HRW souligne que les violations documentées pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, conformément au droit international. L’organisation appelle à la tenue d’enquêtes indépendantes et à la poursuite des responsables présumés.
Réactions du gouvernement : un rejet catégorique et des accusations de malhonnêteté
Dans son communiqué, le gouvernement burkinabè rejette en bloc les conclusions du rapport, le présentant comme un « torchon » et un « condensé de haine ». Il dénonce ce qu’il qualifie de « service après-vente » de certains médias, accusés de relayer des « argumentaires d’une malhonnêteté intellectuelle évidente ». Le texte évoque également une « coalition des forces des ténèbres » cherchant à discréditer les efforts des autorités pour défendre la souveraineté nationale.
Le communiqué appelle explicitement à une enquête de la Cour pénale internationale (CPI), suggérant que le rapport de HRW pourrait être utilisé comme outil de pression politique. Aucune mention n’est faite, en revanche, des mesures concrètes que les autorités entendent prendre pour enquêter sur les allégations formulées à l’encontre des forces loyalistes.
Contexte : un conflit qui s’enlise depuis près de dix ans
Le Burkina Faso est en proie à une insurrection djihadiste depuis 2016, lorsque des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique ont commencé à s’infiltrer depuis le Mali voisin. La situation s’est progressivement dégradée, avec une escalade des attaques contre les forces de sécurité et les civils. En 2022, l’armée a pris le pouvoir par un coup d’État, portant au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré, actuel président.
Depuis, le gouvernement a multiplié les initiatives pour endiguer la menace djihadiste, notamment en armant des milices civiles comme les VDP. Cependant, ces stratégies ont également été critiquées pour leur manque de transparence et les risques de violations des droits humains qu’elles entraînent. Human Rights Watch, comme d’autres organisations, a régulièrement pointé du doigt les abus commis par les forces de sécurité et leurs supplétifs.
La situation humanitaire, déjà critique, risque de se dégrader davantage si les combats persistent. Les organisations internationales, comme l’ONU ou la Croix-Rouge, appellent régulièrement à un accès sans entrave aux zones touchées par le conflit, afin d’apporter une assistance aux populations civiles.
Le gouvernement burkinabè qualifie le rapport de « faux » et de « tissu de conjectures », accusant HRW de propager une « haine viscérale » contre sa lutte pour la souveraineté. Il dénonce également ce qu’il présente comme une malhonnêteté intellectuelle dans les médias relayant le document.
