Lors d’une visite officielle à Phnom Penh, le ministre chinois des Affaires étrangères a interpellé le gouvernement cambodgien sur la nécessité d’éradiquer totalement les réseaux de cybercriminalité opérant depuis le territoire cambodgien. Selon Le Monde, Wang Yi a exhorté son homologue Hun Manet à combattre fermement ces activités illégales, qui se sont développées de manière exponentielle ces dernières années dans le pays d’Asie du Sud-Est.
Ce qu'il faut retenir
- Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé le Premier ministre cambodgien, Hun Manet, à éradiquer totalement les centres de cyberfraude lors d’une visite officielle à Phnom Penh.
- Wang Yi a exigé une lutte ferme contre ces réseaux criminels, qui prospèrent au Cambodge malgré les engagements internationaux du pays.
- La cyberfraude, incluant escroqueries en ligne et traite d’êtres humains, représente un enjeu majeur pour la réputation et la stabilité économique du Cambodge.
- Cette pression s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre Pékin et Phnom Penh sur la question.
L’entretien entre Wang Yi et Hun Manet, qui s’est tenu le 22 avril 2026, a mis en lumière les désaccords persistants entre les deux pays sur la gestion de ce fléau. La Chine, qui compte parmi les principales victimes de ces fraudes, a multiplié les démarches diplomatiques pour obtenir des garanties concrètes de la part des autorités cambodgiennes. D’après Le Monde, Pékin exige désormais des mesures radicales, incluant la fermeture immédiate des centres incriminés et l’extradition des responsables vers la Chine.
Ces centres, souvent dissimulés dans des zones reculées ou protégés par des réseaux de corruption locaux, sont au cœur d’un business juteux estimé à plusieurs milliards de dollars par an. Ils ciblent principalement des victimes chinoises, mais aussi européennes et américaines, via des arnaques aux faux investissements, aux faux appels d’urgence ou aux chantages sentimentaux. Les autorités cambodgiennes, bien qu’ayant promis à plusieurs reprises de démanteler ces réseaux, sont régulièrement accusées de négligence ou de complicité passive.
— Selon un rapport des Nations unies publié en 2025, le Cambodge abrite l’un des plus grands réseaux de cyberesclavage au monde, avec plus de 100 000 personnes forcées de travailler dans ces centres contre leur gré. Les conditions de détention et les violences y sont monnaie courante, et les ONG dénoncent un manque criant d’enquêtes indépendantes sur place.
« Le Cambodge doit prendre des mesures concrètes et immédiates pour mettre fin à ces activités illégales, qui nuisent gravement à l’image du pays et à ses relations internationales », a déclaré Wang Yi lors de la conférence de presse conjointe avec Hun Manet. « La Chine attend des résultats tangibles, pas des promesses vides. »
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre Pékin et Phnom Penh, deux alliés traditionnels dont les relations se tendent depuis que le Cambodge a accordé des concessions territoriales à la Chine dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route ». Pour le gouvernement cambodgien, la lutte contre la cyberfraude reste un équilibre délicat : éradiquer ces réseaux risquerait de fragiliser son économie informelle, tandis que les laisser prospérer expose le pays à des sanctions internationales. Autant dire que la partie ne fait que commencer.
La Chine est la principale cible des escroqueries perpétrées depuis le Cambodge, avec des pertes estimées à plus de 2 milliards de dollars par an pour ses citoyens. Les autorités chinoises accusent également le Cambodge de servir de plateforme de transit pour des réseaux criminels opérant à l’échelle régionale, ce qui menace la sécurité de ses ressortissants.