Selon Le Monde, France Culture diffuse depuis le printemps 2026 une série podcast intitulée « Celles qui lisent ». Ce programme en huit épisodes explore, à travers les travaux d’historiennes et les témoignages d’autrices et de lectrices, l’histoire des femmes en littérature, entre lecture et écriture. Une démarche qui met en lumière les luttes, les conquêtes et les héritages d’un combat toujours actuel.

Ce qu'il faut retenir

  • Une série podcast de huit volets diffusée sur France Culture au printemps 2026.
  • Le programme s’appuie sur des travaux d’historiennes et la parole d’autrices et de lectrices.
  • Il retrace l’émancipation des femmes par le livre, entre lecture et écriture, sur plusieurs siècles.
  • La série interroge aussi bien les obstacles rencontrés que les avancées obtenues dans l’accès des femmes à la culture écrite.

Un héritage littéraire façonné par les femmes

Depuis des siècles, les femmes ont dû se battre pour accéder à l’écriture et à la publication. Comme le rapporte Le Monde, la série « Celles qui lisent » revient sur ces parcours semés d’embûches. Entre le Moyen Âge et le XXe siècle, les autrices ont souvent publié sous pseudonymes ou dans l’ombre de leurs époux. « Les femmes ont dû contourner des interdits sociaux et familiaux pour exister en tant qu’écrivaines », souligne l’historienne Martine Reid, citée dans le podcast. Ces stratégies d’évitement ont laissé des traces dans l’histoire littéraire, où les œuvres féminines ont longtemps été minorisées.

La lecture, un levier d’émancipation méconnu

Au-delà de l’écriture, la série interroge aussi le rôle de la lecture dans l’autonomisation des femmes. D’après Le Monde, le podcast s’appuie sur des archives et des témoignages pour montrer comment la lecture a servi de tremplin à des générations de femmes. « Lire, c’était déjà une forme de résistance », explique l’écrivaine Leïla Slimani, qui participe à la série. Elle rappelle que pendant des siècles, les bibliothèques et les cabinets de lecture étaient des lieux réservés aux hommes. Les femmes qui osaient s’y aventurer risquaient le scandale ou l’exclusion.

Le podcast évoque aussi les clubs de lecture clandestins du XIXe siècle, où des femmes se réunissaient pour discuter d’ouvrages interdits. Autant dire que la lecture a souvent été un acte politique, bien avant d’être un plaisir. Ces pratiques ont contribué à forger une culture féminine autonome, malgré les tentatives de censure.

Des autrices oubliées à réhabiliter

Parmi les figures mises en avant dans la série, certaines ont marqué l’histoire sans toujours recevoir la reconnaissance méritée. C’est le cas de Christine de Pizan, première femme à vivre de sa plume au XVe siècle, ou de Olympe de Gouges, guillotinée en 1793 pour ses écrits féministes. Le podcast consacre un épisode entier à ces pionnières, dont les œuvres sont aujourd’hui redécouvertes. « Leur combat n’était pas seulement littéraire, mais profondément politique », rappelle l’historienne Geneviève Fraisse.

La série aborde également le sort des autrices colonisées ou issues de milieux modestes, dont les voix ont été encore plus effacées. Une manière de rappeler que l’émancipation par le livre n’a pas été un parcours linéaire, mais une mosaïque de luttes collectives et individuelles.

Un podcast pour un public contemporain

À l’heure où les questions d’égalité femmes-hommes restent d’actualité, « Celles qui lisent » s’adresse autant aux passionné·e·s de littérature qu’aux militant·e·s. Le podcast interroge : quels sont les héritages de ces combats aujourd’hui ? Comment les autrices contemporaines perçoivent-elles leur place dans ce continuum historique ? Autant de questions qui résonnent avec les débats actuels sur la parité en publishing et les inégalités persistantes dans le milieu littéraire.

D’après Le Monde, la série a été saluée pour son approche à la fois rigoureuse et accessible. Elle évite l’écueil d’un propos trop théorique en donnant la parole à des lectrices ordinaires, dont les récits illustrent l’impact concret du livre dans leur vie. Un choix qui rappelle que l’émancipation par la lecture n’est pas qu’un concept, mais une expérience vécue par des millions de femmes.

Et maintenant ?

La diffusion de « Celles qui lisent » pourrait relancer les discussions sur la place des femmes dans l’histoire littéraire. Plusieurs éditeurs ont déjà annoncé des rééditions d’œuvres oubliées, tandis que des associations appellent à intégrer ces autrices dans les programmes scolaires. Pour l’automne 2026, une table ronde organisée par France Culture et la Bibliothèque nationale de France (BnF) devrait approfondir ces enjeux, avec la participation d’historiennes et d’écrivaines.

Alors que les débats sur l’invisibilisation des femmes dans la culture restent vifs, cette série podcast arrive à point nommé. Elle rappelle que l’histoire littéraire n’est pas neutre : elle est aussi le reflet des rapports de pouvoir qui structurent la société. Reste à voir si cette prise de conscience se traduira par des actes concrets, notamment en matière de reconnaissance et de transmission.