La cour d'appel de Paris a entendu les réquisitions du parquet général concernant Josu Urrutikoetxea Bengoetxea, ancienne figure emblématique de l'ETA, demandant une peine de cinq ans de prison avec sursis pour des faits remontant à plus de vingt ans. Surnommé Ternera par la police espagnole, Urrutikoetxea avait scellé la dissolution de l'organisation séparatiste basque en 2018. Au-delà de la peine requise, la décision de la cour, en attente de délibéré, revêt une importance capitale puisque la France a accepté en 2020 son éventuelle remise à l'Espagne après la clôture des procédures en cours.
Ce qu'il faut retenir
- Réquisition de cinq ans de prison avec sursis pour Josu Urrutikoetxea Bengoetxea par le parquet général de la cour d'appel de Paris
- La France a accepté le principe de remise de l'accusé à l'Espagne une fois les procédures judiciaires françaises terminées
- Josu Urrutikoetxea Bengoetxea est réclamé par la justice espagnole pour son implication présumée dans l'attentat de Saragosse en 1987
- L'avocate générale a demandé une interdiction définitive du territoire français pour Urrutikoetxea
Réclamé par l'Espagne pour un attentat sanglant
L'avocate générale Naïma Rudloff a plaidé pour l'ajout d'une interdiction permanente du territoire français à la condamnation de Josu Urrutikoetxea, actuellement résidant dans le sud-ouest et comparaissant libre sous contrôle judiciaire. Le militant basque est notamment recherché par la justice espagnole dans le cadre de l'enquête sur l'attentat meurtrier contre une caserne de gardes civils à Saragosse en 1987, ayant causé la mort de onze personnes, dont cinq enfants. Urrutikoetxea a nié toute implication dans cette attaque qui avait profondément ému l'Espagne, survenue six mois après l'attentat du centre commercial Hipercor à Barcelone, le plus meurtrier de l'histoire de l'ETA avec 21 victimes.
Un passé contesté et une santé fragile
Malgré des problèmes de santé, Josu Urrutikoetxea Bengoetxea dispose encore de la possibilité de se pourvoir en cassation en cas de condamnation, retardant ainsi l'exécution des mandats d'arrêt européens émis par l'Espagne. Jugé à Paris, il est impliqué en raison de l'identification de ses empreintes dans des caches de l'ETA en 2002 et 2005 à Lourdes et Villeneuve-sur-Lot. Durant son procès, il a nié toute activité militaire au sein de l'organisation, débutée à l'âge de 17 ans à la fin des années 1960 sous le régime de Franco. Ancien député au Parlement autonome basque, Urrutikoetxea a été un acteur des négociations avec Madrid ayant conduit à l'abandon de la lutte armée en 2011 et à la dissolution de l'ETA, responsable de la mort de plus de 850 personnes entre 1968 et 2010.
