Imaginez un peu : des usines qui ferment les unes après les autres, des emplois qui s'envolent, et une industrie européenne qui suffoque. C'est le scénario catastrophe que décrit Clément Beaune, le haut-commissaire au Plan. Et son remède ? Une bonne vieille taxe de 30% sur les produits chinois. Radical ? Peut-être. Nécessaire ? C'est ce qu'on va essayer de comprendre.
Un cri d'alarme sur TF1
Lundi 9 février, Clément Beaune a tiré la sonnette d'alarme sur TF1. Son constat ? Brutal. "Vous avez des coûts chinois qui sont 30 à 40% moins élevés que les coûts européens", lance-t-il. Autant dire que la concurrence est déloyale. Et sans réaction rapide, "c'est un danger de mort pour notre industrie en Europe", prévient-il. (On se croirait dans un épisode de "Dix pour cent", mais sans la touche d'humour, hélas.)
Le haut-commissaire au Plan ne mâche pas ses mots. "Si on bloque la concurrence chinoise, ce sont des emplois qui demeurent sur le territoire français et européen", affirme-t-il. Et pour appuyer son propos, il cite l'Allemagne, où "10.000 emplois sont supprimés chaque mois". Chiffre qui fait froid dans le dos, non ?
30% de droits de douane : la solution miracle ?
Alors, comment contrer cette menace ? Pour Clément Beaune, la réponse est claire : des droits de douane de 30% sur les importations chinoises. "Un taux qui correspond à peu près à l'écart des coûts", explique-t-il. Mais attention, il ne s'agit pas de prendre cette décision à la légère. "Il faut que ces droits de douane soient mis en discussion au niveau européen", insiste-t-il. Car une mesure aussi lourde ne peut se décider à la va-vite.
Et puis, côté inflation, Clément Beaune a une réponse toute prête. "Si demain vous avez des dizaines de milliers d'emplois qui sont supprimés, le consommateur n'existera tout simplement plus dans sa capacité à consommer", argue-t-il. Autrement dit, mieux vaut une taxe qui maintient les emplois qu'une inflation qui tue le pouvoir d'achat. Difficile de dire avec certitude qui a raison, mais le débat est lancé.
Un déficit commercial qui fait peur
Les chiffres, eux, ne mentent pas. En 2024, l'Union européenne affichait un déficit commercial de 305,8 milliards d'euros envers la Chine. (Oui, vous avez bien lu : 305,8 milliards.) Et la Chine représentait 21,3% des biens importés par l'UE. Résultat des courses ? Une dépendance économique qui inquiète.
Déjà, en décembre dernier, les États européens s'étaient entendus sur une taxation d'au minimum 3 euros des petits colis importés dans l'Union. Une mesure qui vise à contrer l'afflux de produits chinois à bas prix. En France, le Parlement a même voté pour une taxe supplémentaire de 2 euros sur ces petits colis. "Tout cela est utile, mais insuffisant", estime Clément Beaune. "Il faut un bouclier commercial global."
Et maintenant, on fait quoi ?
Alors, faut-il suivre les recommandations de Clément Beaune ? La question mérite d'être posée. Car si l'industrie européenne est en danger, une taxe de 30% pourrait avoir des répercussions sur les consommateurs. Et puis, comment réagira la Chine face à cette mesure ? (On se souvient encore des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine sous l'ère Trump.)
Une chose est sûre : le débat est loin d'être clos. Et les prochains mois pourraient être décisifs pour l'avenir de l'industrie européenne. Alors, prêts à en découdre ?
Clément Beaune propose une taxe de 30% pour compenser l'écart de coûts entre les produits chinois et européens. Selon lui, cette mesure permettrait de sauver l'industrie européenne, menacée par une concurrence déloyale.
L'UE a déjà mis en place une taxation d'au minimum 3 euros sur les petits colis importés. En France, une taxe supplémentaire de 2 euros a été votée. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par Clément Beaune.
Une taxe de 30% pourrait avoir des répercussions sur les prix pour les consommateurs. Elle pourrait aussi provoquer des tensions commerciales avec la Chine. Mais pour Clément Beaune, le jeu en vaut la chandelle pour sauver l'industrie européenne.
