Trois ans après les violentes échauffourées de Sainte-Soline, les tensions autour des bassines agricoles ont de nouveau fait surface ce samedi 28 mars 2026 dans les Deux-Sèvres. Pourtant, à Melle, une commune située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Niort, pro et anti-bassines ont choisi de se tenir à distance l’un de l’autre, sous haute surveillance policière. Selon Ouest France, cette journée s’est déroulée dans le calme, malgré les craintes d’un affrontement direct.

Ce qu'il faut retenir

  • Un rassemblement organisé à Melle, en Deux-Sèvres, le 28 mars 2026, pour éviter tout affrontement entre pro et anti-bassines.
  • Les deux camps étaient séparés d’un kilomètre et placés sous étroite surveillance des forces de l’ordre.
  • Trois ans après les violences de Sainte-Soline, ce rassemblement marque une volonté d’apaisement.
  • Le calme a prévalu, malgré la persistance des désaccords sur le projet de bassines agricoles.

Un rassemblement organisé à distance pour éviter les tensions

Dès le matin du 28 mars, les autorités locales et les forces de l’ordre avaient pris les devants pour éviter tout dérapage. Les partisans et opposants aux bassines, ces réserves d’eau destinées à l’irrigation agricole, se sont retrouvés à Melle, mais à près d’un kilomètre de distance l’un de l’autre. Selon Ouest France, cette séparation géographique était imposée par les forces de l’ordre, soucieuses d’éviter tout contact direct entre les deux groupes. « Vous voyez, nous sommes calmes ! » aurait lancé un représentant des pro-bassines, soulignant l’absence de débordements.

Cette organisation visait à reproduire, dans un cadre contrôlé, la dynamique qui avait conduit aux affrontements de Sainte-Soline en 2023. À l’époque, des heurts violents avaient éclaté entre forces de l’ordre et manifestants, faisant des blessés et marquant durablement les esprits. Trois ans plus tard, les mêmes enjeux divisent toujours la région, mais cette fois, la stratégie a changé : éviter tout face-à-face.

Un contexte agricole et politique toujours tendu

Les bassines agricoles, projet phare de la région, restent un sujet de division profonde. Porté par certains agriculteurs et élus locaux comme une solution pour sécuriser les récoltes face aux sécheresses répétées, le projet est vivement combattu par des associations écologistes et des collectifs citoyens. Ces derniers dénoncent une logique de surconsommation de l’eau et une agriculture intensive néfaste pour les milieux naturels.

À Melle, les deux camps ont maintenu leurs positions respectives. D’un côté, les défenseurs des bassines mettaient en avant leur utilité pour l’économie agricole, de l’autre, leurs détracteurs réaffirmaient leur opposition, tout en respectant, pour cette journée, le cadre imposé. Selon Ouest France, aucun incident n’a été signalé, ni du côté des manifestants, ni du côté des forces de l’ordre, malgré la présence de plusieurs centaines de personnes.

Une mobilisation symbolique sous haute surveillance

Si le rassemblement de Melle s’est déroulé sans heurts, il n’en reste pas moins que la tension est palpable. Les autorités ont déployé un dispositif policier important, avec des barrières et des contrôles d’accès pour maintenir les deux groupes à distance. « Nous avons appris de 2023 » a confié un responsable de la gendarmerie locale à Ouest France. La présence de drones et de renforts mobiles a permis de surveiller l’ensemble du périmètre en temps réel.

Côté manifestants, les organisateurs des deux bords ont veillé au respect des consignes. « Nous ne voulons pas de violences, nous voulons simplement faire entendre notre voix » a déclaré un porte-parole des anti-bassines. De son côté, un agriculteur favorable au projet a souligné : « Notre combat est légitime. Nous devons vivre de notre travail. »

Et maintenant ?

Si ce rassemblement a permis d’éviter une nouvelle crise, il ne résout en rien le débat de fond sur les bassines. Les prochaines étapes dépendront des décisions politiques à venir, notamment celles des collectivités locales et de l’État. Une concertation est toujours en cours, mais aucun calendrier précis n’a été annoncé pour l’instant. D’ici là, la vigilance reste de mise dans les Deux-Sèvres, où la question des réserves d’eau continue de diviser.

Reste à voir si cette approche, consistant à séparer physiquement les deux camps, pourra être reproduite à l’avenir. Pour l’heure, le calme est de mise, mais le sujet des bassines n’est pas près de s’éteindre.