Trois organisations de la société civile congolaises ont alerté, selon RFI, sur des pressions exercées à l’encontre des employés de la société forestière Sefyd, détenue à capitaux chinois. Cette entreprise, l’une des principales du secteur au Congo-Brazzaville, exploite une importante concession forestière dans le département de la Sangha, au nord du pays, à proximité de la frontière camerounaise.

Ce qu'il faut retenir

  • L’entreprise Sefyd est accusée par trois ONG d’avoir exercé des pressions sur ses salariés pour qu’ils dénoncent leurs collègues ayant témoigné auprès de journalistes de TV5 Monde.
  • Ces pressions auraient pris la forme de menaces de représailles en cas de refus de collaborer avec la direction.
  • Les témoignages en question concernaient une série d’enquêtes menées par TV5 Monde sur les pratiques de l’entreprise.
  • La concession exploitée par Sefyd se situe dans une zone frontalière, stratégique pour l’activité forestière.

Une concession forestière majeure dans le nord du Congo

La société Sefyd, dont le siège est basé à Brazzaville, détient une concession forestière d’une superficie significative dans le département de la Sangha. Cette région, frontalière avec le Cameroun, est réputée pour ses ressources forestières abondantes. Selon les données disponibles, l’entreprise figure parmi les principaux acteurs du secteur au Congo-Brazzaville, un pays où l’exploitation forestière représente un pilier économique important.

Les activités de Sefyd dans cette zone ont déjà fait l’objet de controverses par le passé, notamment en raison de soupçons de pratiques non conformes aux réglementations locales en matière d’exploitation forestière et de respect des droits des travailleurs.

Des pressions signalées sur les salariés par des ONG locales

Trois organisations de la société civile — dont les noms n’ont pas été précisés dans les informations relayées par RFI — ont porté à la connaissance du public des allégations de pressions exercées par la direction de Sefyd sur ses employés. Ces pressions auraient visé à obtenir des salariés qu’ils dénoncent leurs collègues ayant accepté de témoigner auprès de journalistes de TV5 Monde.

Dans un communiqué, les ONG ont indiqué que les salariés auraient été menacés de représailles s’ils refusaient de se soumettre à ces exigences. Aucune précision n’a été donnée sur la nature exacte de ces représailles, mais les organisations évoquent des risques de licenciement ou de sanctions professionnelles.

Un contexte marqué par des enquêtes journalistiques

Les témoignages en question s’inscrivent dans le cadre d’une série d’enquêtes réalisées par TV5 Monde sur les pratiques de l’entreprise Sefyd. Ces reportages ont mis en lumière plusieurs aspects controversés de son activité, notamment des allégations de non-respect des normes environnementales et sociales dans la gestion de ses concessions forestières.

Les enquêtes ont également révélé des tensions récurrentes entre l’entreprise et les populations locales, ainsi que des soupçons de corruption ou de collusion avec les autorités locales pour faciliter ses opérations. Aucune réaction officielle de Sefyd n’a été rapportée à ce stade concernant les allégations des ONG.

Et maintenant ?

Les ONG à l’origine des alertes ont appelé à une enquête indépendante sur ces allégations de pressions. Une mobilisation pourrait s’organiser dans les prochaines semaines pour exiger une transparence accrue de la part de Sefyd et des autorités congolaises. Par ailleurs, les résultats des enquêtes de TV5 Monde pourraient être publiés dans leur intégralité d’ici la fin du mois de mai 2026, ce qui pourrait relancer le débat sur la régulation du secteur forestier au Congo-Brazzaville.

La situation reste à suivre, d’autant que les accusations portées contre Sefyd pourraient avoir des répercussions sur ses activités et sa réputation à l’international.

RFI n’a pas précisé les noms des trois organisations de la société civile ayant signalé ces pressions. Leurs identités n’ont pas été communiquées dans les informations relayées.