Selon Le Figaro, de plus en plus de Français, lassés par des relations bancaires impersonnelles ou mécontents des performances de leurs placements, se tournent vers des conseillers en gestion de patrimoine (CGP) pour optimiser leur épargne. Clément, quinquagénaire sans patrimoine familial ni réseau bancaire, illustre ce basculement : après des années à suivre les conseils de son banquier traditionnel sans obtenir de résultats satisfaisants, il a finalement fait appel à un CGP sur recommandation d’une proche, et en est aujourd’hui convaincu.

Ce qu'il faut retenir

  • Un épargnant français sur trois ne se sent pas écouté par son conseiller bancaire, selon des études sectorielles.
  • Clément, quinquagénaire sans patrimoine familial, a découvert les services d’un CGP après des années de placements classiques peu performants.
  • Les Français souffrent d’un manque criant de culture financière, notamment en matière d’épargne et d’investissement.
  • Les conseillers en gestion de patrimoine proposent des stratégies personnalisées, souvent inaccessibles dans les réseaux bancaires traditionnels.
  • Les experts pointent du doigt l’absence de cours d’épargne à l’école et un tabou persistant autour de l’argent en France.

Le profil de Clément n’a, en réalité, rien d’exceptionnel. « Les Français manquent en règle générale de culture financière », souligne Jean-Philippe Mango, conseiller en gestion de patrimoine à Lyon et fondateur du cabinet Evolia. « Pourtant, il est crucial de bien comprendre les solutions choisies pour bien dormir la nuit. » Ce manque de connaissances pousse souvent les épargnants à se tourner vers des enseignes bancaires connues, par réflexe de sécurité, plutôt que vers des solutions adaptées à leur situation.

Pour Sébastien Hénin, directeur général de la gestion privée chez Alienor Capital, le problème est structurel : « En France, parler d’argent reste un tabou. À l’école, on aborde l’économie de manière dogmatique, en citant Karl Marx par exemple, mais il n’existe aucun cours dédié à l’épargne ou à la gestion de patrimoine. » Ce déficit éducatif a des conséquences directes : des placements sous-optimaux, une méfiance envers les produits financiers complexes, et une tendance à privilégier les solutions les plus visibles, même si elles ne sont pas les plus adaptées.

Des solutions sur mesure, loin des produits standards

Contrairement aux conseillers bancaires classiques, souvent limités par les produits de leur établissement, les CGP offrent des prestations personnalisées. « Un CGP ne se contente pas de vendre un produit », explique Mango. « Il analyse la situation globale de son client : ses revenus, ses objectifs à court et long terme, son appétence pour le risque, et propose une stratégie cohérente. » Pour Clément, cela s’est traduit par la diversification de ses placements, l’optimisation fiscale de son assurance-vie, et la mise en place d’un plan d’épargne retraite plus performant.

Les experts rappellent que les banques traditionnelles, bien que sécurisées, proposent rarement des stratégies audacieuses. « Dans un réseau bancaire, vous êtes un numéro parmi d’autres », confie Clément. « Mon conseiller ne m’a jamais posé de questions sur mes projets personnels ou ma situation familiale. Il se contentait de me vendre des produits standards. » Une approche qui peut convenir à des profils très simples, mais qui montre rapidement ses limites pour ceux qui souhaitent aller plus loin.

Un marché en croissance, porté par des besoins croissants

Le recours aux CGP est en hausse depuis plusieurs années, notamment depuis la baisse des rendements des livrets réglementés comme le Livret A. « Avec des taux proches de 0,5 %, les épargnants cherchent des alternatives », indique Hénin. « Mais beaucoup ne savent pas par où commencer. Un CGP peut les aider à naviguer dans un paysage financier de plus en plus complexe. » Les professionnels du secteur estiment que près de 30 % des Français pourraient bénéficier d’un accompagnement personnalisé, alors que seulement 10 % y ont actuellement recours.

Les tarifs des CGP varient selon la complexité des dossiers, mais la plupart proposent des forfaits accessibles. « Les honoraires sont souvent calculés en pourcentage des actifs gérés », précise Mango. « Pour un portefeuille moyen de 200 000 euros, comptez entre 0,8 % et 1,5 % par an. » Un coût qui peut sembler élevé, mais qui est souvent compensé par les gains générés par une gestion optimisée.

Et maintenant ?

Avec la baisse continue des rendements des placements sécurisés et l’allongement de l’espérance de vie, les besoins en gestion patrimoniale devraient continuer de croître. Les prochaines évolutions réglementaires, notamment sur la transparence des frais bancaires, pourraient encore renforcer l’attrait pour les CGP. Reste à voir si les banques traditionnelles parviendront à adapter leurs offres pour retenir leurs clients, ou si le marché de la gestion privée continuera de se développer indépendamment.

Pour les épargnants qui hésitent encore à franchir le pas, les experts insistent sur un point : le coût de l’inaction. « Ne pas optimiser son épargne, c’est risquer de perdre des milliers d’euros sur le long terme », rappelle Hénin. « Un CGP peut vous faire gagner bien plus qu’il ne vous coûte. » Clément, lui, ne regrette pas son choix : « Aujourd’hui, je dors mieux. Je sais où va mon argent, et surtout, j’ai enfin l’impression de maîtriser mon avenir financier. »

Les honoraires varient selon la complexité du dossier, mais se situent généralement entre 0,8 % et 1,5 % des actifs gérés par an. Certains cabinets proposent des forfaits fixes pour des prestations ciblées, comme l’optimisation fiscale ou la mise en place d’un PER.

Non, loin de là. La plupart des CGP acceptent des clients dès 50 000 à 100 000 euros d’épargne. Certains proposent même des bilans patrimoniaux gratuits pour évaluer les besoins. L’important est d’avoir un projet d’épargne ou d’investissement à moyen/long terme.